Le retour du croquemort

Après plusieurs mois d’absence, Bernard Cazeneuve revient en politique pour reprendre en main les débris du Parti Socialiste et préparer sa candidature aux prochaines élections présidentielles.

Il a profité de sa retraite pour se mettre au vert, dans tous les sens du terme. Il a publié dans « Le Débat  » de septembre un article confus où il tente de marier écologie et croissance économique.

Disons le tout de suite : Bernard Cazeneuve s’est disqualifié à jamais par son attitude lors de la mort de Rémi Fraisse, le Malik Oussekine de la Gauche. Il s’est disqualifié par son incapacité à empêcher le drame, par ses mensonges et son cynisme après ; il n’est pas habilité à parler d’écologie, de politique, de quoi que ce soit.

Bernard Cazeneuve a enterré la présidence Hollande ; La seule mission qu’on veut bien lui laisser aujourd’hui, c’est de finir de clouer le cercueil du PS.

Homard m’a tuer

Suite à l’article de Médiapart mettant en cause ses diners fastueux, François de Rugy, ci-devant ministre de la Transition écologique, s’est engagé à rembourser « chaque euro contesté », comme s’il avait volé à l’étalage. Manifestement, il n’a pas compris ce qu’on lui reprochait.

Que le Président de l’Assemblée Nationale vide des bouteilles à 500 € avec ses amis au frais des contribuables, ce n’est pas illégal, mais c’est indécent.

Que le Président de la République dise à un chômeur qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du travail, ce n’est pas illégal, mais c’est méprisant.

Que le même se réclame de la jeunesse devant le G20, tout en la faisant gazer à Paris (*), ce n’est pas illégal, mais c’est se moquer du monde.

Malgré huit mois de manifestations de gilets jaunes, les petits marquis qui nous gouvernent n’ont toujours pas compris que leur cynisme et leur arrogance leur enlevaient toute légitimité.

(*) sur le pont de Sully, le 28 juin 2019

Le Lenine de la Canebière

Jean-Luc Mélenchon, à peine élu député en 2017, n’a eu de cesse de retrouver le siège de Jaurès à l’Assemblée Nationale… pour s’assoir dessus. Le symbole est fort.

Jean-Luc Mélenchon ose tout, c’est à ça qu’on le reconnait : politicien professionnel, ancien apparatchik du PS, il prône le « dégagisme ». Admirateur des derniers avatars du stalinisme, il veut « ré-enchanter » le socialisme. Chef d’une secte politique verrouillée par une poignée de fidèles, il fait l’apologie de la démocratie directe.

Sa mégalomanie et son égotisme font rire.

Il serait cependant injuste de ne voir en lui qu’un histrion. C’est un acteur majeur de la scène politique française. Il participe à la neutralisation de la gauche en l’enfermant dans un bolchévisme d’estrade. Jean-Luc Mélenchon, c’est l’assurance réélection de Macron.

Mélenchon, de la posture à l’imposture…

Un exemple parmi d’autres : le 24 mai 2017, lors d’un meeting à Marseille, Jean-Luc Mélenchon a accusé publiquement Bernard Cazeneuve d’avoir fait assassiner Rémi Fraisse (*).

C’est un peu outrancier : Bernard Cazeneuve a « seulement » menti sur les circonstances du drame, protégé les responsables et étouffé l’affaire… L’attaque grossière de Mélenchon a permis à l’ancien ministre de se dédouaner à bon compte.

Quitte à ré-ouvrir le dossier (3 ans après les faits), autant être précis et incisif ; mais ce qui importe à Mélenchon, c’est de régler des comptes, pas de dénoncer un crime d’Etat.

(*) « … comment il s’appelle le dernier là, que son nom m’échappe, qui était Premier ministre là, comment vous l’appelez ? Oui Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse »