Françoise Sagan avait un fils nègre !

Article publié le 28 septembre 2019


L’édition française vient de vivre un moment merveilleux : la conception par PMA d’un futur best-seller, un livre posthume de Françoise Sagan publié 15 ans après la mort de son auteur.

C’est le fils de Sagan, Denis Westhoff, qui a retrouvé l’embryon, « perdu dans les papiers (de succession), dans une montagne de papiers ». Le texte était « inachevé, incomplet… en état de jachère. Pas corrigé ». Denis Westhoff a rajouté « les mots qui manquaient », mis « des paragraphes à la bonne place » … Selon ses dires, le résultat concentre « toute l’écriture de (sa) mère, tout son caractère, tout son esprit, tout son talent, tout son humour et puis toute sa liberté, il a un très fort caractère saganesque » (1).

L’industrie du livre s’est mobilisée pour donner au roman l’audience qu’il méritait. Son éditeur l’a tiré à 80 000 exemplaires (en secret durant l’été pour « faire un coup éditorial » à la rentrée) . Les libraires, le réseau des critiques littéraires, les journaux, radios et télévisions ont été mobilisés pour la campagne de promotion. Le nouveau chef-d’œuvre de Sagan occupe aujourd’hui les têtes de gondole.

Ce grand moment d’édition nous console de l’enterrement précipité de l’auto-roman de Yann Moix (pourtant annoncé comme un Goncourt potentiel), suite à son euthanasie par les médias. Yann Moix est pourtant un ancien animateur télé : le monde du spectacle est vraiment versatile et cruel.

C’est à l’aune de ce type d’évènements qu’on mesure la richesse de la littérature française.


(1) Déclaration sur France Inter, le 18 septembre 2019

Jean d’Ormesson

Article publié le 23 mai 2019


Ecrivain précieux (France, fin du XXe siècle)

A la fin de son existence, Jean d’Ormesson enchantait les émissions littéraires à la télévision : il avait la légèreté d’un homme convaincu d’avoir vécu au delà du raisonnable, il savourait chaque minute comme un cadeau de la vie.

Dans ces émissions, il aimait s’entourer de jeunes femmes. Elles se pressaient autour de lui comme des lucioles autour d’une lampe basse consommation, heureuses de bénéficier de son rayonnement sans se brûler les ailes.

Jean d’Ormesson n’a pas toujours été aussi agréable. Il était un temps où, à la tête de la rédaction du Figaro, il ferraillait hargneusement contre un écrivain pompeux fourvoyé en politique (ou un politicien retors fourvoyé en littérature, c’est selon).

Jean d’Ormesson a beaucoup écrit au cours de sa longue carrière (c’est le risque, quand on vit longtemps et qu’on est dégagé de tout souci matériel) ; il a d’ailleurs continué à publier quelques temps après sa mort.

Sauf à être assurés de bénéficier de la même longévité, vous pouvez éviter de lire ses livres : ils sont assez insipides. Visionnez plutôt ses interviews en replay.

Louis-Ferdinand Céline

Article publié le 4 avril 2019


Humoriste français (1894 – 1961)

Louis-Ferdinand Céline a révolutionné l’humour français par sa créativité lexicale, son sens de la provocation, ses délires verbaux et son usage intensif de l’insulte. Il a ainsi puissamment contribué à ridiculiser les milieux antisémites de l’entre-deux-guerres.

Sous l’Occupation, il a fait de la lettre de délation un genre littéraire à part entière, reconnu et apprécié au niveau aryano-européen.

Son oeuvre majeure reste cependant « Papy fait de la résistance », un roman autobiographique où il évoque son action clandestine dans la France de Vichy.

Du fait de son immense talent, Louis-Ferdinand Céline occupe aujourd’hui une place de premier plan sur les étagères des intellectuels français.