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Armaguedon USA

Rationnellement, la parenthèse Trump devrait se refermer le 3 novembre prochain. Mais la vie politique américaine n est pas un modèle de rationnalité …

Aujourd’hui, Trump n’est plus un inconnu : son incompétence, son inculture, son égoïsme, sa grossièreté, son cynisme sont notoires et ont même été dénoncés par certains proches.

Ses soutiens politiques, les suprémacistes blancs et les puissants mouvements évangélistes, ne font pas mystère de leurs projets.

Tout au long de son mandat, Trump a enchaîné abus de pouvoir et entraves à la justice. Il a utilisé sa fonction présidentielle pour servir ses intérêts personnels. Il a menti au delà du vraisemblable, et en fin de course, précipité les États-Unis dans une crise sanitaire sans précédent.

Pourtant, beaucoup d’électeurs américains vont voter pour lui. Ils vont le faire parce qu’ils sont mus par la rancœur et la haine, parce qu’ils vivent dans un monde « alternatif » fabriqué par Fox News et les réseaux sociaux.

Le 3 novembre, Trump sera peut-être battu si les démocrates et les afro-américains se mobilisent massivement. Il ne lâchera pas le pouvoir pour autant. Il s’est employé ces dernières semaines à décrédibiliser le processus électoral pour fragiliser une éventuelle victoire de Biden (en s’attaquant en particulier au vote par correspondance).

Il agite – sans preuve – la menace de fraudes massives (tout en appelant ses partisans à voter deux fois !). Il prépare le terrain à un recours devant les juges. S’il perd les élections, il essaiera de gagner in fine devant la Cour Suprême (d’où son empressement à remplacer la juge démocrate Ruth Bader Ginsburg). Fait impensable pour « la première démocratie du monde », Les Etats-Unis sont menacés aujourd’hui d’un coup d’état légal.

Il n’y a pas de hasard en politique : l’histoire est le résultat de puissants mouvements de fond. L’époque n’est pas favorable à la démocratie : Xi Jinping, Poutine, Erdogan, Modi, Bolsonaro – pour ne citer que les plus connus – les cavaliers de l’apocalypse sont déjà en place. Ils attendent que le premier d’entre eux les rejoigne pour se mettre en mouvement.

Misère de l’écologie politique

Critique du « machisme » du Tour de France (Grégory Doucet, maire de Lyon), polémique autour d’un sapin de Noël (Pierre Hurmic, maire de Bordeaux), dénonciation du « pédoland » parisien et promotion du « génie lesbien » (Alice Coffin, conseillère municipale de Paris) … les écologistes d’EELV élus récemment à la tête des grandes villes françaises ont du mal à cerner les priorités.

A vrai dire, EELV n’a jamais été attiré par l’action politique, surtout lorsqu’elle exige un engagement fort. A Sivens et à Notre Dame des Landes, le parti écologiste a laissé les zadistes affronter seuls l’Etat, avec le coût humain que l’on sait. D’une manière générale, EELV se préoccupe peu des combats menés « dans les territoires » (Bure, Gardanne, Caussade …). Le mouvement ne relaie pas ces luttes au niveau national, alors qu’il a accès aux médias et est représenté dans les instances politiques nationales.

EELV est plus intéressé par la conquête du pouvoir. Ses militants ont surtout vocation à épauler les leaders dans leur ascension. Ceci explique le caractère « fermé » du parti : lieu de toutes les manipulations, EELV n’a qu’une seule crainte : se faire noyauter par une secte concurrente (LFI ?).

EELV recrute essentiellement en zone urbaine. Ses militants donnent l’image de citadins dogmatiques et autocentrés. Alice Coffin en est, si l’on peut dire, la quintessence.

EELV réussit l’exploit de combiner en son sein l’extrémisme de militants « kmers verts » et l’opportunisme de dirigeants préoccupés par leur carrière politique, d’où le grand écart entre son discours (parfois) maximaliste et ses pratiques (toujours) conciliantes.

Tout au long de son existence, le parti a produit une kyrielle d’apparatchiks qui se sont recasés dans l’appareil d’état en monnayant leur pouvoir de nuisance : les de Rugy, Pompili (ministres) ; Dufflot (présidente d’Oxfam France) ; Joly, Canfin (députés européens) ; Placé (au Conseil Régional d’Ile de France), et bien sûr l’intermittent du Spectacle Cohn Bendit, conseiller du Prince.

Aujourd’hui, tout en condamnant férocement l’usage « d’arbres morts » à Noël, EELV prend soin de ne pas exiger l’abandon du projet EPR de Flamanville, pour ne pas compromettre l’avenir politique de ses dirigeants.

A deux ans des élections présidentielles, les deux principaux leaders d’EELV consacrent toute leur énergie à contrôler le parti et à nouer des alliances politiques. Que Yannick Jadot et Eric Piolle se rassurent : aucun des deux ne sera élu président de la république, car ils sont tous deux incapables de rassembler les français autour d’un projet politique.

Car ce projet n’existe pas.

La crise écologique est patente. Au delà du réchauffement climatique, c’est la survie du vivant qui est en jeu. La question n’est plus de savoir où positionner le curseur entre la bougie des amish et les centrales nucléaires d’ENEDIS, mais de réaliser un véritable changement de civilisation, avec comme point d’achoppement le redéploiement de l’économie dans un monde globalisé.

La tâche est immense. On le voit, on est loin de la problématique des arbres de Noël et il n’est pas certain que le génie lesbien suffise.

L’écologie politique vit un terrible paradoxe : l’opinion publique est convaincue de l’ampleur de la crise et de l’urgence d’agir ; les initiatives écologistes individuelles ou collectives foisonnent ; pourtant, les tenants de l’écologie politique sont incapables de transcrire ces aspirations dans un grand projet fédérateur.

Pourquoi les dirigeants d’EELV sont-ils si ennuyeux quand il nous parlent d’écologie ?

Porca miseria …

Covid 19 : révolte d’un « hipper »

Bon, allez, soyons francs :

Arrêtez tout. TOUT.

Les masques. Les confinements.

Excepté face à vos parents très fragiles (quand ils le souhaitent, ce qui n’était pas le cas de mon père, meurtri à mort d’être privé de notre amour). Vivez à fond, tombez malades, allez au restaurant, engueulez les flicaillons, contredisez vos patrons et les lâches directives gouvernementales. Nous devons désormais vivre, quitte à mourir (nos aînés ont besoin de notre tendresse davantage que de nos précautions). On arrête d’arrêter. On vit. On aime. On a de la fièvre. On avance. On se retire de la zone grise. Ce n’est pas la couleur de nos coeurs.

En ce monde de pisse-froid, de tweets mélodramatiques et de donneurs de leçons, ce texte sera couvert d’affronts, mais peu m’importe : mes aînés vous le diront : Vivons à fond, embrassons-nous, crevons, ayons de la fièvre, toussons, récupérons, la vie est une parenthèse trop courte pour se goûter à reculons.

Nicolas Bedos (Instagram, 24 septembre 2020)

Conséquence d’un confinement dans l’île de Ré mal vécu ? (les îliens sont si fermés …). Nicolas Bedos appelle à la révolte contre papa Castex.

Nicolas veut « jouir sans entrave », ici et maintenant. Il veut pouvoir jouer à la roulette russe avec le covid 19 si ça lui chante. Mais attention, sans balle dans le barillet ! Car il le sait, s’il contracte le covid, son nom lui servira de coupe-file dans les hôpitaux et lui ouvrira la porte des meilleurs spécialistes.

Nicolas préfère jouer avec la vie des autres, les « pisse-froid » pour qui le covid 19 représente une menace mortelle et qui ne veulent pas finir en réanimation (mais leur vie mérite-t-elle d’être vécue ?)

Le masque, c’est juste bon pour ceux qui n’ont pas les moyens d’être malade, les tâcherons qui risquent leur vie à la gagner : les caissières de super-marché, les éboueurs, les infirmières et les « flicaillons » qui sécurisent les sorties de bars parisiens.

Nicolas Bedos s’amuse à prendre le contrepied du discours médical pour faire le buzz. L’épuisement des soignants et du personnel des EHPAD, leur angoisse fasse à l’arrivée d’une deuxième vague, ce n’est pas trop son problème.

Dans son petit cri égoïste, il invoque l’amour des « aînés » : il sait pourtant comment seront attribuées les places en réanimation quand les hôpitaux seront saturés …