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Referendum, piège à Macron

Après celui de Toulouse, le gouvernement veut privatiser les aéroports de Paris (ADP). Un seul moyen pour l’en empêcher : imposer un RIP (Référendum d’Initiative Partagé) pour voter une loi garantissant la nature de service public des Aéroports De Paris.

Pour cela, le gouvernement doit recevoir 4,7 millions de signatures de soutien à la loi avant le 12 mars 2020 minuit (la procédure est placée sous le contrôle du Conseil Constitutionnel).

Pour signer, vous devez être inscrit sur les listes électorales et disposer d’une adresse mail.

Connectez vous au site Referendum.interieur.gouv.fr en ayant avec vous votre carte d’identité (ou votre passeport) et votre carte d’électeur (car il faut fournir certaines informations figurant sur ces documents).

Attention : il faut respecter le formalisme de la carte d’électeur (il faut saisir tous ses prénoms dans le même ordre que la carte).

Signez et faites signer autour de vous ! (la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas)

Pour en savoir plus sur le RIP contre la privatisation d’ADP : lire l’article du « Monde » du 13 juin 2019

Le délire inclusif

L’écriture inclusive, très prisée à gauche par les étudiants en psychologie, les bureaucrates syndicaux et les apparatchiks, a porté la langue de bois à un niveau encore inégalé.

Les adeptes de l’écriture inclusive considèrent qu’un nom générique masculin (par exemple, « agents ») ne désigne que la partie masculine de la population considérée ; d’où l’utilisation du fameux « point inclusif » pour englober explicitement les femmes (« agents.tes »). Autrement dit, ils confondent genre (grammatical) et sexe.

Considérer que « démasculiniser » (sic) le français contribue à la libération des femmes, c’est se moquer à la fois du français et des femmes.

Plutôt que de chercher à rééduquer le langage, la militance de gauche devrait d’abord faire le ménage dans ses rangs, n’étant pas elle-même exempte de toute dérive sexiste (cf les cas d’agressions sexuelles dénoncés récemment au sein du Mouvement des Jeunes Socialistes et du Parti Communiste).

Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si la Gauche a adopté l’écriture inclusive alors qu’elle a perdu tout repère. En brouillant ainsi son discours, elle essaie de masquer son impuissance. Ce faisant, elle ne trompe personne. Avant, on ne l’écoutait pas ; aujourd’hui on ne la lit même plus.

Les adeptes du point inclusif ont eux-même conscience du caractère grotesque de ce procédé et ne l’utilisent qu’avec parcimonie et de façon irrégulière ; en définitive, ce n’est qu’un marqueur de bien-pensance.

L’écriture inclusive fait partie intégrante du Spectacle, au sens situationniste du terme : à défaut de pouvoir / vouloir changer le Monde, les incluseurs.euses se contentent d’en changer la représentation.

A ceux qui voudraient approfondir la question, je conseille le livre de Danièle Manesse « Le Féminin & le Masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions » (ESF, 2019).

… La langue française est un système qui n’est pas plus sexiste que l’allemand, l’anglais, l’arabe ou le coréen … Alors que, partout, l’oppression des femmes est une réalité à laquelle s’affrontent des milliers de luttes, il y aurait des langues plus « féministes » que d’autres ? C’est le sort fait aux femmes et l’usage de la langue qui peuvent être sexistes, et non les langues en elles-mêmes (Danièle Manesse, interview au « Monde », 31 mai 2019)

Bilan des élections européennes

Le dernier épisode de la saison électorale a été particulièrement sanglant ; plusieurs partis ont perdu leur troupe et leurs illusions sur le champ de bataille.

Quelles perspectives s’offrent aujourd’hui aux trois grandes familles politiques ?

L’extrème droite. Elle a totalisé plus de 28% des voix. Le RN (Rassemblement National, ex FN) : 23,3% – « Debout » La France (Dupont Aignan) : 3,5% – l’Union « Populaire Républicaine » (le frexiteur Asselineau) : 1,2% – Les « Patriotes » (Philippot) : 0,7%.

Bien qu’arrivé en tête, le Rassemblement National est condamné à l’impuissance : il se heurtera toujours au « plafond de verre » des 30% lors du deuxième tour des élections tant qu’il n’aura pas noué une alliance avec une partie conséquente de la droite.

La droite. Elle a totalisé 34% des voix. LREM (En Marche) : 22,4% – LR (Les Républicains) : 8,5% – l’UDI (centristes) : 2,5%.

Contrairement à ce que prétendent la plupart des éditorialistes, Emmanuel Macron s’est clairement positionné à droite. C’est lui le véritable vainqueur des élections, car même s’il a perdu le match contre le RN (de peu), il a marginalisé LR et a pris le contrôle de sa famille politique. Il dispose aujourd’hui d’un socle électoral stable qu’il cherche à élargir en « verdissant » son discours.

La gauche. Bien que fracturée, elle a fait globalement près de 32% des voix. EELV (les écologistes) : 13,5% – la France Insoumise : 6,3% – le PS (Glucksmann) : 6,2% – Generation.s (le « s » est de moins en moins justifié) : 3,3% – le PC : 2,5%.

Le succès d’EELV face aux différentes chapelles de gauche offre des perspectives intéressantes, car les écologistes sont les mieux placés pour porter un projet politique cohérent alliant écologie, social et mutation économique. Encore faut-il qu’ils le veuillent (l’histoire récente de EELV n’incite pas forcément à l’optimisme).

Une montée en puissance des écologistes pourrait par ailleurs inciter Nicolas Hulot à revenir en politique (*) ; aujourd’hui, face à Macron, c’est le seul à pouvoir incarner un projet de société alternatif à la « start-up nation ». Autant le dire, le chemin du changement est étroit …

(*) L’intéressé semble ne pas exclure cette hypothèse : n’a-t-il pas cosigné avec la CFDT en mars 2019 un quasi programme politique intitulé « 66 propositions pour un pacte social et écologique » ?