L’imposture intersectionnelle

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Un spectre hante la sphère politico-médiatique française : « l’islamo-gauchisme ».

Ce terme fabriqué par la droite à partir de ses deux démons favoris vise en fait l’intersectionnalité, une idéologie venue des Etats-Unis qui s’est implantée dans les universités de sciences sociales et qui inspire une partie de la gauche.

Le fait d’être stigmatisé par la droite ne constitue pas pour autant un certificat de progressisme ; l’intersectionnalité a enfanté des monstres politiques : des féministes qui défendent le port du voile islamique (1), des anti-racistes qui déboulonnent les statues de Victor Schœlcher, une journaliste qui fait de Voltaire un inspirateur d’Hitler (2) et des étudiants qui veulent interdire la représentation des suppliantes d’Eschyle sous prétexte que les acteurs ont le visage peint en noir.

Comment en est-on arrivé là ?

Le concept d’intersectionnalité a été inventé par des féministes afro-américaines (3) pour rendre compte des discriminations spécifiques que subissent les femmes noires aux Etats-Unis, victimes à la fois du racisme et du sexisme. Les chercheurs en sciences sociales se sont emparés du concept pour identifier les situations de discriminations multiples, en croisant les discriminations de race, de classe et de genre. Popularisée par les universitaires, l’intersectionnalité est devenue l’idéologie de la gauche américaine woke (conscientisée), décoloniale et néo-féministe.

Appliquée à la société française, elle ne pouvait avoir que des effets ravageurs.

Elle a conduit à réactiver le concept sulfureux de race, banni en France du champ socio-politique depuis les années 40.

Les intersectionnalistes ont cherché à redéfinir ce concept sans se référer directement à des critères biologiques – on se doute pourquoi. Pour eux, les races sont des constructions sociales conçues par les sociétés occidentales à des fins de discrimination.

Afin de manipuler ce concept sans trop y mettre les doigts, ils ont créé la notion de « racisés », pour désigner ceux qu’ils estiment discriminés en raison de leur origine ethnique : en pratique, les non-blancs.

Définir les races par opposition à la « blanchité » peut paraître astucieux : car la race blanche étant celle des dominants (ceux qui ont reçu des privilèges à la naissance dans un sac à dos invisible), elle doit pouvoir être citée sans que l’on soit suspecté de racisme.

Il n’en demeure pas moins que la notion de race revisitée par les intersectionnalistes reste fondée sur la couleur de la peau.

Cela appelle deux questions :

– à partir de quel degré de pigmentation passe-t-on de la catégorie des oppresseurs, les blancs, à celle des opprimés, les « racisés » ?

– les juifs : que fait-on des juifs ? Comme on le sait, la question juive préoccupe beaucoup les racistes, elle tourmente aussi apparemment les « anti-racistes » intersectionnels (4).

Les « racisés » de leur côté peuvent trouver réducteur d’être tous mis dans la même case – si l’on peut dire, sous prétexte de « non-blanchitude ».

C’est sur ce concept de race éminemment flou, pour ne pas dire fou, que les intersectionnalistes fondent aujourd’hui l’essentiel de leur praxis (5) : ils ont inventé le racisme 2.0 en miroir au racisme traditionnel.

En prenant la race comme grille d’analyse, ils présupposent que les sociétés occidentales sont structurellement racistes – leurs « recherches » consistant essentiellement à essayer de vérifier cet axiome. Ils vont ainsi à rebours d’une démarche sociologique qui voudrait que l’on parte de l’observation des faits pour déduire la nature éventuellement raciste de la société. Prétendre que l’intersectionnalité relève d’une approche scientifique est une imposture : c’est une idéologie dont le seul caractère scientifique est le statut professionnel de ses adeptes.

Autant le postulat de racisme structurel peut paraitre pertinent concernant la société américaine, compte tenu de son origine coloniale, autant il parait grotesque appliqué à la France. La société française s’est constituée bien avant le XVIIIe siècle, même si les préjugés racistes qu’elle véhicule résulte essentiellement de l’époque coloniale. Prétendre que la société française est structurellement raciste dénote une inculture historique crasse.

L’intersectionnalité a un autre effet pervers : sous prétexte d’isoler les situations spécifiques de discrimination, elle présente la société comme une juxtaposition de communautés. Cette approche est admissible concernant les Etats-Unis, où le sentiment communautaire est puissant, mais elle est aberrante appliquée à la France, modelée par trois siècles d’universalisme républicain.

L’intersectionnalité substitue une identité collective, communautaire, en grande partie fantasmée, à l’identité individuelle construite à partir de l’histoire familiale et du vécu de chacun. Son rejet de l’universalisme est motivé par sa volonté d’enfermer chaque individu dans sa communauté (celle en tout cas qu’elle lui assigne).

Sur le plan politique, elle encourage la constitution de sectes identitaires dont les membres mettent toute leur énergie à réécrire l’Histoire et à traquer les propos déviants sur internet, dans les médias, dans le monde universitaire et culturel (6).

Ce phénomène est particulièrement sensible dans l’univers LGBT, où le croisement du sexe, du genre et des préférences sexuelles produit un nombre considérable de combinaisons à l’origine d’autant de micro-communautés (7).

L’intersectionnalité est le cheval de Troie (« l’idiot utile ») des idéologies communautaristes : communautarismes LGBT, indigénisme et bien sûr islamisme.

Concrètement, elle n’apporte rien à la lutte contre les discriminations, quand elle ne la détourne pas vers de faux combats (débaptiser les collèges « Colbert » par exemple). Nul besoin d’être intersectionnaliste pour dénoncer les comportements racistes de certains policiers ou l’abandon des quartiers périphériques (dont l’état de déshérence n’est pas dû à une politique raciste mais est à l’absence de politique d’intégration).

Il peut paraître surprenant que cette idéologie séduise autant à gauche, alors qu’elle remet en cause le principe d’universalisme.

La gauche aujourd’hui est en pleine déconfiture. l’effondrement du bloc communiste – en brouillant les repères idéologiques – et la mondialisation – en dévoyant l’idéal internationaliste – l’ont profondément déstabilisée. Elle n’a pas vu venir la crise écologique et ne sait pas comment l’intégrer dans son système de pensée.

Beaucoup de ses militants (souvent passés par les universités de sciences sociales) ont renoncé à comprendre le monde et donc à le changer. L’intersectionnalité leur a donné une nouvelle raison d’être en leur taillant des niches idéologiques sur mesure (d’où leur propension à mordre dès que l’on parle de communautarisme).

L‘intersectionnalité, c’est l’antichambre du tribalisme.

(1) Rokhaya Diallo en mars 2018 : »Je ne vois pas pourquoi marquer la féminité par un voile serait plus sexiste que de porter des talons aiguilles ou des mini-jupes. … Je suis autant solidaire de celles qui se battent contre le port du voile forcé dans des pays autoritaires que de celles qui veulent librement porter le voile dans un pays où il n’est pas obligatoire ». Rokhaya Diallo semble oublier les pressions que subissent les femmes musulmanes dans certains milieux en France pour adopter une tenue « islamique ». Je serais curieux par ailleurs de connaître ses interventions en faveur des iraniennes emprisonnées pour avoir refusé de porter le voile.

(2) Nabila Ramdani, dans un article publié en août 2020 dans Foreign Policy. Lire l’article (en anglais)

(3) L’universitaire Kimberlé Williams Crenshaw a inventé le terme d’intersectionnalité en 1989 pour décrire la situation spécifique des femmes noires. Dans une interview en 2020, elle a pris ses distances avec l’utilisation qui en est faite aujourd’hui :  » ce n’est pas une machine à faire des mâles blancs les nouveaux parias ».

(4) c.f. le livre d’Houria Bouteldja (porte-parole des Indigènes de la République) : Les Blancs, les Juifs et nous … (La Fabrique, 2016)

(5) Fatiha Boudjahlat a souligné très justement la prééminence donnée à la race sur le genre par les adeptes de l’intersectionnalité : « l’intersectionnalité fonctionne comme une intersection routière : il y a toujours une priorité et un « cédez le passage ». Avec l’intersectionnalité, ce sont toujours les femmes qui cèdent le passage aux intérêts du groupe ethnique et religieux auquel on les assigne » . 

(6) Ces nouveaux tchékistes adeptes de la cancel culture traquent tout particulièrement les délits « d’appropriation culturelle » et de « blackface« , importés directement des Etats-Unis.

(7) Les universités américaines ont dressé une cartographie minutieuse de la galaxie LGBT dans leurs « codes de langage » à destination des étudiants.

Côté non-masculin, on distingue : les AFAB (Assigned Female At Birth), les femmes qui n’ont pas encore changé de sexe – les FTM (Female To Male), celles sont en train de prendre une identité d’homme [les MTW étant les hommes qui suivent le chemin inverse].

Mais il existe aussi « des personnes non binaires », qui refusent d’être assignées à un genre précis et bien sûr des XTX, des personnes qui sont en transit d’un genre vers un autre mais qui ne veulent pas préciser lesquels.

Ces communautés peuvent être plus ou moins inclusives : il y a par exemple des féministes qui n’acceptent pas dans leurs rangs les femmes venues du camp opposé : les TERF (Trans Exclusionary Radical Feminist)…

Je vous fais grâce du versant masculin.

Pour aller plus loin …

L’intersectionnalité a fait l’objet de la part de ses partisans de manifestes assez indigestes (pas seulement à cause de l’usage systématique de l’écriture inclusive). En voici deux parmi les plus accessibles :

« L’universel lave-t-il plus blanc ? « Race », racisme et système de privilèges ». Texte publié par Horia Kebabza dans les Cahiers du CIDREF en 2006. Lire le texte.

« Cartographie du surplomb ». Texte publié par Eléonore Lépinard et Sarah Mazouz dans la revue Mouvements en février 2019. Lire le texte.

Je renvoie les amateurs de ce type de prose à la revue Mouvements qui a publié de nombreuses contributions du même tonneau. Accéder au site.

GAFA : le bal des tartuffes

Après l’envahissement du Capitole le 6 janvier, Facebook et Twitter ont pris une décision qui a sidéré le monde : ils ont exclu le président des Etats-Unis de leurs plates-formes.

Ce geste spectaculaire a mis en lumière un paradoxe : les réseaux sociaux sont perçus comme des services publics, du fait de leur universalité et de leur gratuité, alors qu’ils n’ont qu’une vocation commerciale et qu’ils n’offrent aucune garantie en matière de liberté d’expression.

Les responsables de cette situation sont les pouvoirs publics qui ont livré internet aux GAFA sans contre-partie, au nom du libéralisme économique, considérant que l’information n’était qu’une simple marchandise. Ils ont beau jeu aujourd’hui de leur reprocher de ne pas respecter une éthique dont eux-mêmes ne se sont pas beaucoup soucié jusqu’à présent.

Ils vont avoir du mal à obtenir une régulation transparente et efficace des réseaux sociaux.

Matériellement, la modération des échanges en temps réel sur les plates-formes numériques est impossible. Cela reviendrait par ailleurs à instaurer une censure, ce qui est inacceptable dans les pays démocratiques.

Les réseaux sociaux ne peuvent être régulés qu’a posteriori, sur la base des conditions générales d’utilisation (CGU) imposées aux utilisateurs.

On peut toujours demander aux GAFA d’intégrer dans leurs CGU toutes les règles de bonne conduite que l’on veut : ils rechigneront de toute façon à les faire respecter compte tenu de la complexité des procédures à mettre en oeuvre et de leur coût.

Par ailleurs, la plupart des états ont peu de moyens de pression sur les GAFA, car ceux-ci n’ont de compte à rendre qu’à la justice et au gouvernement américains.

En admettant que les GAFA jouent le jeu, les contrevenants peuvent facilement contourner les sanctions grâce à l’anonymat d’internet (il suffit de changer d’identifiant pour recréer un compte).

La régulation des échanges n’est d’ailleurs pas le seul problème posé par les réseaux sociaux. Les GAFA collectent et commercialisent les données de leurs utilisateurs en contrepartie de la gratuité de leurs services. Cette exploitation des données personnelles constitue une violation de la vie privée. L’interdire reviendrait à demander aux GAFA de changer de modèle économique.

Dans ces conditions, il serait plus efficace, pour instaurer un espace de liberté sur internet, de créer de nouvelles plates-formes numériques alternatives, non marchandes.

Ces plates-formes devraient être financées et contrôlées par les pouvoirs publics pour offrir toutes les garanties en matière de liberté d’expression et de protection des données.

Il va de soi que l’anonymat devrait être levé sur ces réseaux, au moins à l’inscription, afin d’assurer la sécurité des utilisateurs.

L’Union Européenne est la mieux placée pour porter un tel projet. Elle a la légitimité politique et la capacité financière pour le faire.

Elle aurait tout à y gagner : elle pourrait ainsi développer son pouvoir d’influence dans le monde (soft power) et prendre pied dans un secteur économique dont elle est aujourd’hui exclue.

En investissant le numérique, l’Europe pourrait contribuer à l’avènement d’un internet libre ; mais au delà des discours, qui en Europe est prêt à affronter les GAFA ?

Le terme GAFA est un acronyme construit à partir du nom des 4 géants du net : Google, Apple, Facebook, Amazon. Il est souvent utilisé dans un sens plus large, pour désigner les acteurs majeurs du numérique (outre les 4 déjà cités : Microsoft, Netflix, Airbnb, Tesla, Uber, Twitter, Alibaba … ). Dans cet article, il désigne plus particulièrement les sociétés exploitant des réseaux sociaux.

Le prof, le couteau, et les « antiracistes »

Samuel Paty, professeur d’histoire géographie à Conflans, a été assassiné le 16 octobre 2020 pour avoir montré une caricature de Mahomet en classe.

Cet assassinat, même s’il s’agit d’un acte individuel, s’inscrit dans la logique du terrorisme islamiste. L’école, parce qu’elle contribue à l’émancipation des individus, constitue une de ses cibles privilégiées.

Malgré cette attaque frontale contre des valeurs qui lui sont chères, la Gauche dite « radicale » refuse de s’interroger sur l’idéologie qui a motivé l’assassin ; elle persiste dans sa complaisance envers l’islamisme au nom d’un antiracisme de façade.

L’essayiste Pierre Tevanian a publié sur son site lmsi.net un texte très significatif à cet égard. Vous en trouverez la critique ci dessous.

Consulter le texte « je suis prof » de Pierre Tevanian.

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Monsieur Tevanian,

Dans votre texte intitulé « je suis prof », vous vous interrogez sur beaucoup de choses : le rôle des enseignants, la liberté d’expression … sauf sur l’idéologie qui a inspiré les assassins de Samuel Paty. En 16 réflexions, que vous qualifiez abusivement de courtes, vous passez sans état d’âme d’un hommage à Samuel Paty à un vibrant plaidoyer pour le CCIF (1). Je veux bien croire que le CCIF n’est pour rien dans l’assassinat de Samuel Paty, mais de là à en faire un rempart de la République !

En préambule, vous rappelez pourtant – et à juste titre – ce qui devrait être une évidence pour tous :

– Samuel Paty n’a pas cherché à provoquer, insulter ou humilier quiconque : il a juste fait son travail d’enseignant et il a été tué pour cela. En montrant des caricatures du « prophète », il n’a pas exprimé une opinion personnelle mais illustré ce que représente concrètement la liberté d’expression.

– Aucun propos ne justifie le recours à la violence, physique et (j’ajoute) psychologique (harcèlement sur les réseaux sociaux et « cancel culture »). Ne l’oublions pas : Samuel Paty a été assassiné suite à une dénonciation sur internet.

Monsieur Tevanian, les choses se gâtent quand vous élargissez le champ de votre réflexion.

Vous appelez de vos vœux l’émergence d’un espace de parole d’où la violence serait exclue a priori. Rassurez-vous : cet espace existe depuis plus d’un siècle. Il est organisé par la loi, qui encadre et protège la liberté d’expression.

La question n’est donc pas là. « l’éléphant dans la pièce » autour duquel vous tournez, c’est l’instauration en France d’un délit de blasphème. C’est une des revendications des militants « décoloniaux » et de la mouvance islamiste, épaulés par une partie de la Gauche (Plenel et Médiapart en particulier). Reconnaître ce délit reviendrait à instaurer une police de la pensée. Je comprends que ce rêve puisse en hanter certains, mais le rôle du droit est de protéger les hommes et non les idées.

Au nom de la liberté d’expression dont bénéficie Charlie Hebdo, vous revendiquez le droit de vous indigner contre le caractère « odieux » de certaines de ses couvertures. Mais personne ne vous en empêche ! Vous avez toute liberté pour le faire. Par contre, les journalistes et les dessinateurs de Charlie Hebdo, eux, risquent leur peau quand ils s’expriment. Nous ne sommes pas sur le même niveau de liberté. Mais cela ne vous gène pas particulièrement.

Votre indignation, vous la réservez (je cite) : « aux débats où sont mis sérieusement à l’agenda l’interdiction du voile dans tout l’espace public, l’expulsion de toutes les femmes portant le foulard, la déchéance de nationalité pour celles qui seraient françaises, la réouverture des bagnes dans îles Kerguelen, le rétablissement de la peine de mort … ».

Vous le savez pourtant pertinemment : il ne s’agit là que de propos de comptoir tenus sur des plateaux de télé. Concernant plus particulièrement le port du voile – que personne ne songe à interdire dans l’espace public – vous devriez plutôt vous préoccuper de la pression que subissent les femmes dans certains quartiers – pour le porter. Je vous rappelle au passage que vos amis « républicains » du CCIF réclament toujours l’autorisation du voile à l’école.

Cette belle indignation vous évite surtout de vous interroger sur l’islamisme.

Votre totem, c’est l’islamophobie : ce concept nébuleux permet de faire l’amalgame entre la critique d’une religion ou d’une idéologie et la haine contre les musulmans – du racisme. Il permet aux islamistes de disqualifier a priori toute critique les concernant et de souder la communauté musulmane autour d’eux.

Depuis de nombreuses années, le monde musulman est divisé entre les partisans d’un islam humaniste, respectueux des individus, et les tenants de l’islam politique. Contrairement à ce que prétendent les islamistes, la ligne de front ne passe pas entre les musulmans et les autres, mais au sein même de la communauté musulmane. En adoptant le concept d’islamophobie, vous vous rendez complice d’une imposture.

D’une manière générale, Monsieur Tevanian, l’islamisme est dans votre angle mort. Vous ne voyez pas ou ne voulez pas voir – ses manifestations, même les plus insupportables : par exemple, la mise en cause de la parole des enseignants au nom de la religion ou le développement de l’antisémitisme dans certains milieux musulmans.

Pourquoi une telle cécité ? Peut-être par esprit partisan : les islamistes sont aussi les ennemis du « système libéral » …

Dans votre catalogue d’indignations, vous ne pouviez pas ne pas évoquer la déclaration de Jean-Luc Mélenchon concernant « le problème avec la communauté tchétchène ». Cette sortie, il faut le rappeler, est le fait d’un homme qui avait défilé quelques mois plus tôt derrière des militants du CCIF scandant le célèbre slogan laïc « Allahou Akbar ». Belle illustration du confusionnisme qui règne à gauche (2).

En résumé, Monsieur Tevanian, et au vu de ce qui précède, vous conviendrez que votre indignation et vos leçons d’antiracisme prêtent à rire.

(1) CCIF : Collectif Contre l’Islamophobie en France

Pour que les choses soient claires : le CCIF est un des vecteurs de l’islamisme en France. A ce titre, il doit être combattu. Mais, jusqu’à preuve du contraire, le CCIF inscrit son action dans le cadre de loi (il n’appelle pas à la violence ni à la haine, ni ne relaie aucun appel en ce sens) ; il doit donc pouvoir continuer à s’exprimer, comme n’importe quel mouvement politique respectueux de la légalité.

(2) Le plus drôle dans cette affaire, c’est la façon dont les hiérarques de LFI ont essayé de se dégager du bourbier tchétchène. Clémentine Autain a expliqué qu’on ne pouvait pas parler vraiment de « communauté tchétchène » … pas de tchétchène, pas de problème. Alexis Corbière de son côté a assuré que Mélenchon ne pouvait pas être suspecté de « tchétchènophobie », puisqu’il militait à gauche depuis plus de cinquante ans. L’argument est effectivement imparable.