Le Grand Tétras, les chasseurs et la pintade

Dernière mise à jour : 30 juillet 2021

Le Grand Tétras est un gros gallinacé vivant en montagne dans les forêts de conifères. Il a disparu des Alpes, il n’en reste plus que quelques uns dans le Jura, il est menacé dans les Pyrénées.

Sa chasse a été déclarée illégale le 21 novembre 2018 par le Conseil d’Etat. Elle continue cependant à être autorisée par les préfets des départements pyrénéens.

Pourquoi les chasseurs s’acharnent-ils ainsi sur un oiseau en voie de disparition : pour avoir leur photo dans la « Dépêche du Midi », quand ils auront tué le dernier ?

Et pourquoi Barbara Pompili n’intervient pas ? Il ne s’agit pourtant pas de s’opposer à la construction d’une centrale nucléaire, mais juste de protéger un volatile… Il est vrai qu’elle a accepté de remplacer Nicolas Hulot au ministère de l’écologie : elle est donc prête à accepter beaucoup de choses, y compris de ne pas faire appliquer une décision de justice.

En désespoir de cause, France Nature Environnement a lancé une pétition pour faire interdire la chasse du grand tétras dans les Pyrénées.

Signez la pétition et faites la signer autour de vous !

Pour en savoir plus sur le grand tétras : consulter l’article de Wikipedia

Misère de l’écologie politique

Critique du « machisme » du Tour de France (Grégory Doucet, maire de Lyon), polémique autour d’un sapin de Noël (Pierre Hurmic, maire de Bordeaux), dénonciation du « pédoland » parisien et promotion du « génie lesbien » (Alice Coffin, conseillère municipale de Paris) … les écologistes d’EELV élus récemment à la tête des grandes villes françaises ont du mal à cerner les priorités.

A vrai dire, EELV ne s’est jamais beaucoup passionné pour l’action politique, surtout lorsqu’elle exige un engagement fort. A Sivens et à Notre Dame des Landes, le parti écologiste a laissé les zadistes affronter seuls l’Etat, avec le coût humain que l’on sait. D’une manière générale, EELV se préoccupe peu des combats menés « dans les territoires » (Bure, Gardanne, Caussade …). Le mouvement ne relaie pas ces luttes au niveau national, alors qu’il a accès aux médias et est représenté dans les instances politiques nationales.

EELV est plus intéressé par les arcanes du pouvoir. Ses militants ont surtout vocation à épauler les leaders dans leur ascension. Ceci explique le caractère « fermé » du parti : lieu de toutes les manipulations, EELV n’a qu’une seule crainte : se faire noyauter par une secte concurrente (LFI ?).

EELV recrute essentiellement en milieu urbain. Ses militants sont des citadins dogmatiques et autocentrés. Alice Coffin en est, si l’on peut dire, la quintessence.

EELV réussit l’exploit de combiner en son sein l’extrémisme de militants « kmers verts » et l’opportunisme de dirigeants préoccupés par leur carrière politique, d’où le grand écart entre son discours (parfois) maximaliste et ses pratiques (toujours) conciliantes.

Tout au long de son existence, le parti a produit une kyrielle d’apparatchiks qui se sont recasés dans l’appareil d’état en monnayant leur pouvoir de nuisance : les de Rugy, Pompili (ministres) ; Dufflot (présidente d’Oxfam France) ; Joly, Canfin (députés européens) ; Placé (au Conseil Régional d’Ile de France), et bien sûr l’intermittent du Spectacle Cohn Bendit, conseiller du Prince.

Aujourd’hui, tout en condamnant férocement l’usage « d’arbres morts » à Noël, EELV prend soin de ne pas exiger l’abandon du projet EPR de Flamanville, pour ne pas compromettre l’avenir politique de ses dirigeants.

A deux ans des élections présidentielles, les deux principaux leaders d’EELV consacrent toute leur énergie à contrôler le parti et à nouer des alliances politiques. Que Yannick Jadot et Eric Piolle se rassurent : aucun des deux ne sera élu président de la république. Ils sont incapables de rassembler les français autour d’un projet politique.

Car ce projet n’existe pas.

La crise écologique est patente. Au delà du réchauffement climatique, c’est la survie du vivant qui est en jeu. La question n’est plus de savoir où positionner le curseur entre la bougie des amish et les centrales nucléaires d’ENEDIS, mais de réaliser un véritable révolution civilisationnelle, avec comme point d’achoppement le redéploiement de l’économie dans un monde globalisé.

La tâche est immense. On le voit, on est loin de la problématique des arbres de Noël et il n’est pas certain que le génie lesbien suffise.

L’écologie politique vit un terrible paradoxe : l’opinion publique est convaincue de l’ampleur de la crise et de l’urgence d’agir ; les initiatives écologistes individuelles ou collectives foisonnent ; pourtant, les tenants de l’écologie politique sont incapables de transcrire ces aspirations dans un grand projet fédérateur.

Pourquoi les dirigeants d’EELV sont-ils si ennuyeux quand il nous parlent d’écologie ?

Porca miseria …

Greta Thunberg vs Donald Trump

A Davos, les médias ont une fois de plus mis en scène l’affrontement entre Greta Thunberg et Donald Trump, comme si l’avenir de la planète se jouait entre l’adolescente suédoise et l’enfant de la Maison Blanche.

La lutte contre le réchauffement climatique passe (entre autres) par une refondation de l’économie. Ce ne sont pas les patrons du CAC 40 ni leurs fondés de pouvoir qui vont s’en charger.

Si Greta Thunberg était si dérangeante, elle ne serait pas l’invitée vedette de tous les congrès internationaux. Il faut arrêter le cirque Thunberg : sermonner les puissants ne sert à rien.