
Drame
2026 – Espagne – 1h52.
Film réalisé par Pedro Almodóvar.
Avec : Bárbara Lennie, Leonardo Sbaraglia, Aitana Sanchez-Gijon, Victoria Luengo.
Synopsis
Elsa, réalisatrice de publicités et cinéaste à ses heures, est en pleine crise existentielle : elle doit surmonter le deuil de sa mère et trouver l’inspiration pour réaliser le film qui lui permettra enfin de toucher le grand public. Son petit ami, pompier et streap-teaseur à ses heures, ne lui est d’aucun secours malgré sa sollicitude. Elsa préfère chercher du réconfort auprès de ses amies et en profite pour s’inspirer de leurs déboires pour écrire le scénario de son film.
Elsa est en fait un personnage inventé par Raúl, un cinéaste célèbre en panne d’inspiration. Raúl construit pas à pas la vie d’Elsa en cannibalisant celle de ses proches ; mais Monica, sa fidèle assistante, ne supporte pas d’être ainsi dépossédée de son existence et rompt avec lui. Raúl tient là enfin le véritable sujet de son film.
Commentaire
« Autofiction » met en scène un cinéaste « culte » en manque d’inspiration qui met en scène une cinéaste « culte » en manque d’inspiration. Au vu de l’intrigue, cette mise en abîme apparait surtout comme une astuce destinée à donner de la profondeur à un film qui n’en a guère.
Almodóvar dépeint une fois de plus un monde essentiellement féminin, LGBT-QI+, où des héroïnes autocentrées, à la limite du parasitisme économique (elles œuvrent dans la pub), affrontent douloureusement la rupture du lien maternel à grand renfort d’antidépresseurs… Leur souffrance laisse froid, tant elle s’exprime dans un cadre privilégié, et leurs préoccupations prêtent à rire, tant elles sont déconnectées de la réalité sociale.
Almodóvar tourne autour du même piquet depuis plus de quarante ans, au point d’être réduit aujourd’hui à parodier ses propres films : dans « Autofiction », le mâle de service n’a même plus d’identité ; il est désigné par sa fonction : « Beau »…
Autofiction ? Non : autodérision.