La révolution qui vient

(communiqué)

2 scooters et 4 voitures incendiés, une vitrine explosée, 11 conteneurs à déchets brûlés, 3 nervis de l’Etat méchamment amochés. C’est avec fierté que nous publions aujourd’hui ce communiqué de victoire.

Samedi, place de la République, nous avons résisté aux assauts féroces des mercenaires du pouvoir macronien. Hier, à Paris, nous l’avons prouvé : il est possible de stopper l’hydre du capitalisme mondialisé.

Par cette action audacieuse, nous avons montré à la jeunesse conscientisée la vraie voie, celle de la Révolution. Nous n’avons que faire de la loi dite de « sécurité globale », de la liberté de la presse sioniste et des pleurnicheries humanistes. L’urgence est de détruire l’état libéralo-fasciste qui nous confine. une fois nos oppresseurs éliminés, nous assurerons nous-mêmes la sécurité, sans loi ni police, à l’exemple de nos glorieux prédécesseurs de 1917 dont les camions sillonnaient les rues de Moscou la nuit venue pour traquer les ennemis du peuple jusque dans les chiottes.

Frères et sœurs uberisé.e.s, relevez la tête demain quand vous passerez boulevard Magenta devant des restes de poubelles calcinées : une lumière brille au bout du tunnel de vos vies. Non ! Ce n’est pas la lueur de la bougie mélanchonienne : ce sont les flammes des incendies que nous avons allumées.

Vive les black blocs ! Vive la Révolution qui vient !

Le prof, le couteau, et les « antiracistes »

Samuel Paty, professeur d’histoire géographie à Conflans, a été assassiné le 16 octobre 2020 pour avoir montré une caricature de Mahomet en classe.

Cet assassinat, même s’il s’agit d’un acte individuel, s’inscrit dans la logique du terrorisme islamiste. L’école, parce qu’elle contribue à l’émancipation des individus, constitue une de ses cibles privilégiées.

Malgré cette attaque frontale contre des valeurs qui lui sont chères, la Gauche dite « radicale » refuse de s’interroger sur l’idéologie qui a motivé l’assassin ; elle persiste dans sa complaisance envers l’islamisme au nom d’un antiracisme de façade.

L’essayiste Pierre Tevanian a publié sur son site lmsi.net un texte très significatif à cet égard. Vous en trouverez la critique ci dessous.

Consulter le texte « je suis prof » de Pierre Tevanian.

Cet article a été modifié depuis sa publication.

Monsieur Tevanian,

Dans votre texte intitulé « je suis prof », vous vous interrogez sur beaucoup de choses : le rôle des enseignants, la liberté d’expression … sauf sur l’idéologie qui a inspiré les assassins de Samuel Paty. En 16 réflexions, que vous qualifiez abusivement de courtes, vous passez sans état d’âme d’un hommage à Samuel Paty à un vibrant plaidoyer pour le CCIF (*). Je veux bien croire que le CCIF n’est pour rien dans l’assassinat de Samuel Paty, mais de là à en faire un rempart de la République !

En préambule, vous rappelez pourtant – et à juste titre – ce qui devrait être une évidence pour tous :

– Samuel Paty n’a pas cherché à provoquer, insulter ou humilier quiconque : il a juste fait son travail d’enseignant et il a été tué pour cela. En montrant des caricatures du « prophète », il n’a pas exprimé une opinion personnelle mais illustré ce que représente concrètement la liberté d’expression.

– Aucun propos ne justifie le recours à la violence, physique et (j’ajoute) psychologique (harcèlement sur les réseaux sociaux et « cancel culture »). Ne l’oublions pas : Samuel Paty a été assassiné suite à une dénonciation sur internet.

Monsieur Tevanian, les choses se gâtent quand vous élargissez le champ de votre réflexion.

Vous appelez de vos vœux l’émergence d’un espace de parole d’où la violence serait exclue a priori. Rassurez-vous : cet espace existe depuis plus d’un siècle. Il est organisé par la loi, qui encadre et protège la liberté d’expression.

La question n’est donc pas là. « l’éléphant dans la pièce » autour duquel vous tournez, c’est l’instauration en France d’un délit de blasphème. C’est une des revendications des militants « décoloniaux » et de la mouvance islamiste, épaulés par une partie de la Gauche (Plenel et Médiapart en particulier). Reconnaître ce délit reviendrait à instaurer une police de la pensée. Je comprends que ce rêve puisse en hanter certains, mais le rôle du droit est de protéger les hommes et non les idées.

Au nom de la liberté d’expression dont bénéficie Charlie Hebdo, vous revendiquez le droit de vous indigner contre le caractère « odieux » de certaines de ses couvertures. Mais personne ne vous en empêche ! Vous avez toute liberté pour le faire. Par contre, les journalistes et les dessinateurs de Charlie Hebdo, eux, risquent leur peau quand ils s’expriment. Nous ne sommes pas sur le même niveau de liberté. Mais cela ne vous gène pas particulièrement.

Votre indignation, vous la réservez (je cite) : « aux débats où sont mis sérieusement à l’agenda l’interdiction du voile dans tout l’espace public, l’expulsion de toutes les femmes portant le foulard, la déchéance de nationalité pour celles qui seraient françaises, la réouverture des bagnes dans îles Kerguelen, le rétablissement de la peine de mort … ».

Vous le savez pourtant pertinemment : il ne s’agit là que de propos de comptoir tenus sur des plateaux de télé. Concernant plus particulièrement le port du voile – que personne ne songe à interdire dans l’espace public – vous devriez plutôt vous préoccuper de la pression que subissent les femmes dans certains quartiers – pour le porter. Je vous rappelle au passage que vos amis « républicains » du CCIF réclament toujours l’autorisation du voile à l’école.

Cette belle indignation vous évite surtout de vous interroger sur l’islamisme.

Votre totem, c’est l’islamophobie : ce concept nébuleux permet de faire l’amalgame entre la critique d’une religion ou d’une idéologie et la haine contre les musulmans – du racisme. Il permet aux islamistes de disqualifier a priori toute critique les concernant et de souder la communauté musulmane autour d’eux.

Depuis de nombreuses années, le monde musulman est divisé entre les partisans d’un islam humaniste, respectueux des individus, et les tenants de l’islam politique. Contrairement à ce que prétendent les islamistes, la ligne de front ne passe pas entre les musulmans et les autres, mais au sein même de la communauté musulmane. En adoptant le concept d’islamophobie, vous vous rendez complice d’une imposture.

D’une manière générale, Monsieur Tevanian, l’islamisme est dans votre angle mort. Vous ne voyez pas ou ne voulez pas voir – ses manifestations, même les plus insupportables : par exemple, la mise en cause de la parole des enseignants au nom de la religion ou le développement de l’antisémitisme dans certains milieux musulmans.

Pourquoi une telle cécité ? Peut-être par esprit partisan : les islamistes sont aussi les ennemis du « système libéral » …

Dans votre catalogue d’indignations, vous ne pouviez pas ne pas évoquer la déclaration de Jean-Luc Mélenchon concernant « le problème avec la communauté tchétchène ». Cette sortie, il faut le rappeler, est le fait d’un homme qui avait défilé quelques mois plus tôt derrière des militants du CCIF scandant le célèbre slogan laïc « Allahou Akbar ». Belle illustration du confusionnisme qui règne à Gauche.

Le plus drôle dans cette affaire, c’est la façon dont les hiérarques de LFI ont essayé de se dégager du bourbier tchétchène. Clémentine Autain a expliqué qu’on ne pouvait pas parler vraiment de « communauté tchétchène » … pas de tchétchène, pas de problème. Alexis Corbière de son côté a assuré que Mélenchon ne pouvait pas être suspecté de « tchétchènophobie », puisqu’il militait à gauche depuis plus de cinquante ans. L’argument est effectivement imparable.

En résumé, Monsieur Tevanian, et au vu de ce qui précède, vous conviendrez que votre indignation et vos leçons d’antiracisme prêtent à rire.

(*) CCIF : Collectif Contre l’Islamophobie en France

Pour que les choses soient claires : le CCIF est un des vecteurs de l’islamisme en France. A ce titre, il doit être combattu. Mais, jusqu’à preuve du contraire, le CCIF inscrit son action dans le cadre de loi (il n’appelle pas à la violence ni à la haine, ni ne relaie aucun appel en ce sens) ; il doit donc pouvoir continuer à s’exprimer, comme n’importe quel mouvement politique respectueux de la légalité.

Bad blocs

Du 1er mai, les médias n’ont retenu que les affrontements provoqués par les activistes des black blocs. Qui sont donc ces spectres habillés par Décathlon, semblant sortir d’Assassin’s Creed, et qui s’attaquent à la police ?

Disons le d’emblée : rien en France ne justifie qu’on tue pour des motifs politiques ; lancer un pavé ou un cocktail Molotov sur un CRS, c’est une tentative de meurtre. Dans un pays où l’on ne bourre pas les urnes, où l’on n’assassine pas les journalistes, où même parfois les juges condamnent des gens proches du pouvoir, chercher à tuer un policier est un acte fasciste. Les adeptes des black blocs sont des fascistes, peu importe l’idéologie dont ils se réclament.

Physiquement, rien ne les distingue de leurs adversaires, les « bacqueux » (*) : même goût pour l’uniforme, même fascination pour la violence, même mépris pour la piétaille qu’ils utilisent comme bouclier humain.

Il y a certainement beaucoup de frustration des deux côtés. Je ne connais pas le profil psychologique des « bacqueux », mais chez les « black bloqueurs », je sens comme un conflit avec le père mal géré …

Peu importe d’ailleurs leur motivation. Le gouvernement a tout intérêt à transformer la contestation des gilets jaunes en guerre contre la police, car cette guerre là, il est sûr de la gagner. Les black blocs l’aident efficacement dans son entreprise ; le buzz médiatique leur tient lieu de récompense.

(*) « bacqueux » : policier de la BAC (Brigade Anti-Criminalité)