Jean d’Ormesson

Ecrivain précieux (France, fin du XXe siècle)

A la fin de son existence, Jean d’Ormesson enchantait les émissions littéraires à la télévision : il avait la légèreté d’un homme convaincu d’avoir vécu au delà du raisonnable, il savourait chaque minute comme un cadeau de la vie.

Dans ces émissions, il aimait s’entourer de jeunes femmes. Elles se pressaient autour de lui comme des lucioles autour d’une lampe basse consommation, heureuses de bénéficier de son rayonnement sans se brûler les ailes.

Jean d’Ormesson n’a pas toujours été aussi agréable. Il était un temps où, à la tête de la rédaction du Figaro, il ferraillait hargneusement contre un écrivain pompeux fourvoyé en politique (ou un politicien retors fourvoyé en littérature, c’est selon).

Jean d’Ormesson a beaucoup écrit au cours de sa longue carrière (c’est le risque, quand on vit longtemps et qu’on est dégagé de tout souci matériel) ; il a d’ailleurs continué à publier quelques temps après sa mort.

Sauf à être assurés de bénéficier de la même longévité, vous pouvez éviter de lire ses livres : ils sont assez insipides. Visionnez plutôt ses interviews en replay.

Simone Veil

Simone Veil avait un beau regard, lumineux, profond ; il n’a jamais faibli publiquement, surtout pas devant les « SS aux petits pieds » venus l’insulter dans ses meetings après le vote de la loi sur l’avortement.

Elle avait un caractère bien trempé et une grande indépendance d’esprit. Elle a montré qu’on pouvait faire de la politique au plus haut niveau de façon intègre, sans renier ses engagements.

Dans la mémoire nationale, Simone Veil restera celle qui a témoigné des horreurs de la Shoah et qui a porté la lutte des femmes au sein de la classe politique. Il ne faut pas oublier pour autant ses autres combats : l’humanisation des prisons, la santé, l’Europe.

Dans son autobiographie « une vie », Simone Veil a publié une photo d’elle entourée de ses petits enfants. La photo a été prise en 2005 à Auschwitz. C’est une très belle réponse à ceux qui ont voulu l’anéantir.

Biographie

  • Naissance à Nice le 13 juillet 1927 de Simone Jacob, quatrième et dernière enfant d’une famille juive, laïque et cultivée. Elle a une enfance heureuse, entre son frère Jean et ses sœurs Madeleine et Denise, auprès de son père architecte et de sa mère Yvonne qu’elle admire.
  • Arrestation fin mars 1944 de la famille Jacob par la Gestapo (à l’exception de Denise qui sera arrêtée plus tard en tant que résistante). Simone, âgée de 16 ans, est déportée avec sa mère et sa sœur aînée Madeleine à Auschwitz ; son père et son frère disparaissent dans un convoi à destination de la Lituanie.
  • Mort de sa mère Yvonne malade du typhus en mars 1945 à Bergen Belsen. Madeleine, atteinte par le typhus elle aussi, est sauvée in extremis par l’arrivée des alliés.
  • De retour à Paris en mai 1945, Simone et Madeleine retrouvent Denise qui a survécu à la déportation. Simone entreprend des études de droit et suit les cours de Sciences Po.
  • Elle rencontre son futur mari Antoine Veil à Sciences Po. Ils se marient en 1946. Le couple a trois garçons (Jean, né en 1947, Claude-Nicolas, né en 1948 et décédé en 2002, Pierre-François né en 1954). Simone accepte de différer son entrée dans la vie active pour s’occuper de leurs enfants.
  • En 1952 Simone Veil est durement frappée par la mort de sa sœur Madeleine dans un accident de la route.
  • Malgré les réticences d’Antoine, Simone prépare le concours de la magistrature. Reçue en 1957, elle est affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Elle y restera jusqu’en 1964.
    Elle passe ensuite aux affaires civiles, puis intègre en 1969 le cabinet du ministre de la justice René Pleven.
  • En 1974, Valéry Giscard d’Estaing la nomme ministre de la Santé. Elle est amenée à ce titre à défendre le projet de loi de légalisation de l’avortement en novembre 1974.
  • En 1979, elle prend la tête de la liste de l’UDF aux élections européennes Elle devient le premier président du parlement européen élu au suffrage universel. Elle reste députée européenne jusqu’en 1993.
  • De 1993 à 1995, Simone Veil occupe le poste de ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Balladur. Elle quitte la vie politique en 1997.
  • Elle siège au Conseil Constitutionnel de 1998 à 2007. Elle est admise à l’Académie Française en 2008. Elle se retire de la vie publique en 2013, après le décès de son mari.
  • Simone Veil meurt à Paris le 30 juin 2017 à presque 90 ans. Sur décision d’Emmanuel Macron, elle est inhumée au Panthéon avec son époux le 1er juillet 2018.

Pour aller plus loin …

« Une vie », autobiographie publiée en 2007.

Simone Veil y raconte son enfance, sa déportation et sa carrière politique avec beaucoup de simplicité et de pudeur. Elle y décrit les combats qu’elle a menés en tant que ministre et députée européenne.

La télévision a diffusé par ailleurs en juin 2018 un documentaire réalisé par Hugues Nancy à partir d’images d’archives, de photos de famille et de témoignages : « Simone Veil, albums de famille ».

Emmanuel Macron expliqué à ses électeurs, ses ministres, son chien

Emmanuel Macron est un homme pressé ; pressé d’arriver au sommet. Pour aller où après ? Mystère …

Emmanuel Macron est un joueur qui a de la chance.

Emmanuel Macron est un homme cynique. Les cyniques n’aiment pas forcément les chiens.

Emmanuel Macron est curieux de la vie des pauvres ; il prend parfois le temps de discuter avec eux.

Emmanuel Macron pense qu’on peut ne pas faire ce qu’on dit, du moment qu’on ne dit pas ce qu’on fait.

Emmanuel Macron est un « cost killer » : il veut restructurer l’entreprise « France » pour rétablir les marges financières.

Emmanuel Macron aimerait entrer dans le club des grands managers du CAC 40 : les Martin Bouygues, Bernard Arnault, Carlos Ghosn (heuu non : pas Carlos Ghosn).