« L’Ukraine ne peut plus gagner. Non seulement pour les raisons militaires évoquées. Mais surtout parce que son système politique tient à un fil. Tout concourt à l’effondrement : avoir interdit les syndicats et les partis d’opposition, avoir maintenu Zelenski en place alors que son mandat présidentiel est fini, avoir tenté de sauver les corrompus qui pillent l’effort de guerre, les désertions massives, tout cela a brisé le lien unissant le système Zelenski à son peuple en guerre… Le départ de Zelenski est la condition de l’accord» (Jean-Luc Mélenchon, Le blog, 14 août 2025).
« Qui va signer l’accord de paix ? Monsieur Zelensky, dites-vous ? Vous plaisantez ? Il n’est président de rien. Depuis le mois de mai dernier, son mandat est arrivé à terme » (Jean-Luc Melenchon, les « Amfi », 22 août 2025)
Shahed Mélenchon relaie les mensonges du Kremlin depuis 2014.
Les syndicats et les partis d’opposition ne sont pas interdits en Ukraine ; seuls les partis pro-russes le sont (comme l’avait été le Parti Communiste Français en 1939 après l’accord Ribbentrop-Molotov).
Si Zelenski n’est pas revenu devant les électeurs cette année, c’est en raison de l’impossibilité d’organiser des élections dans un pays en guerre dont 20% du territoire est occupé par l’ennemi (c’était le cas aussi de Churchill pendant la Deuxième Guerre Mondiale).
Certes, l’Ukraine de Zelenski est moins stable politiquement que la Russie de Poutine : on a vu fin juillet des centaines de jeunes ukrainiens manifester – avec succès – contre une loi visant à supprimer l’indépendance des instances anticorruption. Rien de tel en Russie. Poutine a liquidé méthodiquement tous les opposants qui pouvaient constituer une menace pour son régime, de Boris Nemtsov à Alexeï Navalny en passant par « son ami » Prigojine. Il a jeté en prison tous ceux qui ont osé élever la voix contre son « opération spéciale ». Il a fait taire tous les journaux, radios, télévisions d’opposition. Il a contraint à l’exil des centaines de milliers de jeunes russes qui ne voulaient pas servir de chair à canon dans le Donbass ou cautionner les crimes de guerre de l’armée russe.
Mélenchon a tout les culots : il dénonce « les corrompus qui pillent l’effort de guerre » en Ukraine alors même qu’il soutient un régime maffieux qui rackette la Russie depuis 2000.
Zelenski est la clé de voûte de la résistance ukrainienne : c’est donc l’homme à abattre pour obtenir la reddition de l’Ukraine ; son élimination est comme dit Mélenchon, « le préalable à l’accord ».
Serait-ce un effet Trump ? Mélenchon veut lui aussi participer à l’hallali (1) ; lui, le politicien professionnel, lui, l’ancien trotskiste qui a fait ses classes au PS au service de Mitterrand l’ami de Bousquet, lui Mélenchon, se permet de juger de la légitimité d’un Zelenski !
En réalité, Mélenchon n’a jamais reconnu la légitimité du gouvernement ukrainien, bien qu’il soit issu des urnes : tout est dans la formule « le système Zelenski ». Mélenchon pousse la servilité jusqu’à adopter les éléments de langage du maître du Kremlin.
(1) Pour autant, la direction de LFI ne peut pas être qualifiée de « meute » : il y a plus d’intelligence individuelle et collective dans une meute qu’à la tête de LFI.
Dans son blog, Jean-Luc Mélenchon ne s’en prend pas seulement à Zelenski ; il légitime aussi par avance les futures revendications territoriales de Poutine :
« … les appétits de bouts d’Ukraine en Pologne et en Hongrie seront rallumés. Dès lors, d’une façon ou d’une autre, la question des frontières va revenir plus forte que jamais. Nous avions proposé une conférence des frontières sous l’égide de l’OSCE en 2016. On me fit le procès stupide de m’accuser de vouloir les changer. J’argumentais qu’elles le feraient sans nous. Et que mieux valait prendre les devant en organisant la discussion … »
Mélenchon est très généreux avec le territoire des autres.