Disruption fatale

« Moi quand on m’en fait trop … j’dissous. J’dynamite. J’disperse. Et j’ventile »

A bout de nerfs, Macron vient de détruire sa majorité gouvernementale. Son deuxième quinquennat risque de finir prématurément (1) mais en apothéose, avec l’avènement d’un deuxième « Etat Français » en guise de VIe République.

Son règne aura été un condensé de suffisance, d’amateurisme et de cynisme.

A l’étranger, son parcours sinusoïdal a fait l’étonnement de ses pairs. Macron s’est spécialisé dans la promotion de gadgets géopolitiques, de la coalition anti-Hamas à l’envoi de troupes au sol en Ukraine.

En France, il a provoqué au moins trois crises majeures par son inconséquence : la révolte des « gilets jaunes », les manifestations contre la réforme des retraites et les émeutes en Nouvelle Calédonie. Il s’est acharné à imposer des réformes mal ficelées et mal conduites, au mieux absurdes (celle de la taxe d’habitation), au pire injustes (celle des retraites). En définitive, Macron a surtout réussi à user la patience de « (ses) compatriotes des territoires ».

Il est devenu en quelques années le symbole du technocrate arrogant et hors sol. Cet homme est paradoxal : héraut de la modernité, il se réclame d’un dogme économique éculé, le ruissellement ; chantre de la concertation, il a gouverné à coup de flash ball et de 49.3.

Seule la peur l’a fait changer – temporairement – de politique : peur de l’explosion sociale lors de la crise des gilets jaunes et peur de l’effondrement du système de santé lors de l’épidémie de covid.

Soyons honnêtes : Macron n’est pas totalement mauvais. Il a quand même présenté les condoléances de la République à la veuve de Maurice Audin (2) et a fait entrer le couple Manouchian au Panthéon. Il a aussi pris deux décisions laissées en suspens par Hollande le Procrastinateur : l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Mais c’est quand même un peu maigre pour un homme qui prétendait vouloir « révolutionner » la France.


(1) L’intéressé a déclaré à la presse qu’il resterait à l’Élysée jusqu’en 2027 quoi qu’il advienne, raison de plus pour se préparer à une élection présidentielle anticipée.

(2) Jeune mathématicien communiste assassiné par les parachutistes de Massu lors de la bataille d’Alger en 1957.

Ecologie : les solutions à Manu

Voici quelques solutions simples que j’ai trouvées pour ne plus m’emmerder avec l’écologie …

Solution n°1 : nommer un ancien écologiste ministre de l’environnement (y en a toujours un pour prendre le job, même si Hulot dit que c’est mort).

Solution n°2 : organiser une « convention citoyenne » composée de 150 pingouins pour réfléchir à la question (les tirer au sort, pour être sûr de faire le bon choix).

Solution n°3 : soutenir chaleureusement les manifestations pour la planète (tout le monde aime la planète, même le gouvernement). J’envoie toujours un ou deux ministres à ce genre de manif. Le top, ça été quand la petite Poirson a harangué les lycéens (*) lors de leur première marche pour le climat.

(*) « Je suis heureuse de votre mobilisation, ça veut dire que l’on a franchi un cap. Derrière les portes de ce ministère vous n’avez que des alliés, pas des adversaires. Je suis d’accord avec beaucoup de vos revendications.  » (Brune Poirson, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, le 15 février 2019)

Solution n° 4 : présenter le nucléaire comme la solution au réchauffement climatique. Mes communicants appellent çà « une vérité paradoxale ». Il y en a une qui me plait beaucoup aussi, c’est « les chasseurs, premiers écologistes de France » (j’aime beaucoup les chasseurs).

Solution n°5 : prendre des engagements ambitieux, mais pour le futur ; par exemple, se donner comme objectif 30% d’électricité d’origine renouvelable en 2030, 50 % en 2050, 70% en 2070, etc … (éviter les promesses précises à court terme : s’engager à fermer une centrale nucléaire dans les deux ans, c’est se foutre dans la merde).

Solution n°6 : conditionner la résolution d’un problème écologique à la résolution d’un autre problème, si possible économique (et si possible insoluble, comme le chômage). Ça a bien marché avec le glyphosate.

solution n° 7 : dire qu’ailleurs c’est pire (prendre comme exemple l’Allemagne, parce que les français prennent les allemands un peu pour des cons).

solution n° 8 : adopter un panda.

Emmanuel Macron expliqué à ses électeurs, ses ministres, son chien

Emmanuel Macron est un homme pressé ; pressé d’arriver au sommet. Pour aller où après ? Mystère …

Emmanuel Macron est un joueur qui a de la chance.

Emmanuel Macron est un homme cynique. Les cyniques n’aiment pas forcément les chiens.

Emmanuel Macron est curieux de la vie des pauvres ; il prend parfois le temps de discuter avec eux.

Emmanuel Macron pense qu’on peut ne pas faire ce qu’on dit, du moment qu’on ne dit pas ce qu’on fait.

Emmanuel Macron est un « cost killer » : il veut restructurer l’entreprise « France » pour rétablir les marges financières.

Emmanuel Macron aimerait entrer dans le club des grands managers du CAC 40 : les Martin Bouygues, Bernard Arnault, Carlos Ghosn (heuu non : pas Carlos Ghosn).

Voeux au Président

Monsieur le Président,
Vous avez aimé 1789 ? Vous allez adorer 2019…

La taxe « carbone » en guise de gabelle,
l’agioteur Ghosn embastillé,
la morgue des grands commis de l’Etat,
les intrigues des petits Benalla de la Cour,
le vaisselier plein et les caisses vides,
la vindicte populaire,
les cahiers de doléance qu’on rouvre,
et les sans-culottes de retour en gilet jaune…

Vous vous rêviez en Louis XIV,
Vous allez vous réveiller Louis XVI.