Lynchage à Sciences Po

Article publié le 7 juillet 2021 – Il a été complété après sa parution – Dernière mise à jour : 27 décembre 2021


Le 4 mars 2021, Deux professeurs de l’IEP (Institut d’Etudes Politiques) de Grenoble, Klaus Kinzler et Vincent Tournier, ont été mis en cause dans des affiches apposées sur les murs de leur école (« Des fascistes dans nos amphis »). Ces accusations ont été reprises sur les réseaux sociaux, ce qui a valu aux deux enseignants d’être placés sous protection policière.

Leur crime ? Ils ont refusé que le terme « d’islamophobie » soit accolé aux mots « racisme » et « antisémitisme » dans l’intitulé d’un débat organisé par l’IEP : chacun sait que ce terme, très prisé par les islamistes et leurs supplétifs wokes, sert à museler les critiques de l’islam et des idéologies qui s’en réclament en les assimilant à du racisme. Outre la dénonciation des flicaillons de l’UNEF, les deux enseignants ont dû subir les foudres de leurs collègues dans la presse (1).

Cette affaire a mis en lumière tous les aspects de l’imposture woke : le caractère pseudo scientifique de cette idéologie (2), l’impudence et l’hypocrisie de ses adeptes (qui qualifient de censure la moindre mise en question) et leurs méthodes staliniennes pour quadriller l’Université (intimidation, insultes et délation).

Certains étudiants de l’IEP se sont crus obligés de surenchérir sur leurs maîtres à penser. Ils ont relayé sur internet les accusations d’islamophobie portées contre les deux enseignants : ils en ont fait des cibles, sciemment, connaissant le sort de Samuel Paty. Ces gens là ont une âme de tchékiste.


(1) Tribune publiée par le Monde le 17 mars 2021.


(2) Dans la polémique engagée avec Klaus Kinzler, une enseignante en histoire de l’IEP de Grenoble a qualifié l’islamophobie de « concept heuristique utilisé dans les sciences sociales » ou comment donner une portée scientifique à un concept politique douteux …


Les suites de l’affaire (22 décembre 2021) :

Les 17 étudiants-délateurs poursuivis devant une instance disciplinaire de l’IEP Grenoble ont été relaxés. Par contre fin décembre, la direction de l’école a suspendu Klaus Kinzler pour 4 mois pour « propos diffamatoires » (3).

En rétorsion, Laurent Wauquiez a annoncé qu’il supprimait la subvention de 100 000 € attribuée à l’école par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Que les soubresauts de Sciences Po Grenoble soient instrumentalisés par la droite et l’extrême-droite n’enlève rien au caractère stalinien du comportement des responsables de l’école. Ils utilisent leur pouvoir institutionnel pour faire taire les voix dissidentes, tout en prétendant que « la liberté d’expression est au cœur de leur projet académique ».

Ils ont beau jeu de taxer la décision de Wauquiez de « politique » : comme si eux-même n’avaient pas pris une décision politique en sanctionnant Klaus Kinzler !


(3) Dans un entretien accordé début décembre à plusieurs médias, dont Marianne, Klaus Kinzler a déclaré que Sciences Po Grenoble était un « institut de rééducation politique » et il a accusé un noyau d’enseignants woke d’endoctriner les élèves.

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