UNEF : le sketch des réunions non mixtes

Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, est sortie de l’anonymat le 17 mars 2021 pour justifier sur Europe 1 l’organisation par son syndicat de réunions non mixtes « pour permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu’elles subissent ».

Cette pratique n’est pas nouvelle : SUD-Education avait organisé en 2017 des ateliers non mixtes en Seine-Saint-Denis et les militants d’extrême gauche organisent régulièrement des réunions de ce type dans les facultés de sciences sociales en application des théories intersectionnelles.

Sans vouloir polémiquer, on peut s’étonner que des mouvements « progressistes » veuillent ainsi empêcher les victimes du racisme de témoigner devant leurs condisciples « blancs ».

A gauche, les tenants du clientélisme ethnique ont bien sûr pris la défense de l’UNEF : Eric Coquerel et Jean-Luc Mélenchon (FI), Julien Bayou et David Cormand (EELV) … certains avec des arguments réjouissants : Yannick Jadot (EELV) admet les réunions non-mixtes si elles ne sont pas décisionnaires (autrement dit, si elles ne servent à rien, comme les assemblées d’EELV). Audrey Pulvar (adjointe à la mairie de Paris) veut bien, elle, les ouvrir aux « blancs » à condition qu’ils se taisent (*).

La droite (gouvernementale et d’opposition) ne s’est pas contentée de regarder la gauche s’enliser une fois de plus dans la promotion du communautarisme. Elle a dénoncé les pratiques de l’UNEF avec une virulence qu’on ne lui connaissait pas en matière d’antiracisme, au point de réclamer la dissolution du syndicat étudiant.

Il n’y a pas lieu de dissoudre l’UNEF pour si peu. Depuis des décennies, ce que dit ou fait cette organisation n’intéresse plus personne sur les campus. Elle n’a aujourd’hui qu’une seule utilité : permettre aux futurs apparatchiks des syndicats et partis de gauche de se faire les dents sur les étudiants.

Le 22 mars, 250 anciens responsables de l’UNEF ont d’ailleurs publié une tribune émouvante dans le Monde pour dire tout ce qu’ils devaient à cette institution de la gauche française.

(*) déclaration faite sur BFM TV le 27 mars 2021 : « pas question de jeter dehors (l’homme blanc, la femme blanche), en revanche on peut lui demander de se taire, d’être spectatrice ou spectateur silencieux ».

Attentat transphobe au « Monde »

Le 19 janvier 2021, Le Monde a publié un dessin de Xavier Gorce dans sa newsletter « Le brief du monde » intitulé « repères familiaux ».

Ce dessin est plutôt anodin : il ironise sur la complexité des familles recomposées combinant les différentes options de filiation et de genre. Tout au plus peut-il paraître désinvolte dans sa façon d’évoquer l’inceste.

Il a pourtant déclenché une violente réaction des adeptes de la « genrisation ». Ils ont vu dans le dessin de Xavier Gorce une insulte aux minorités sexuelles (LGBTQI+ dans leur jargon) et s’en sont émus sur les réseaux sociaux.

Très vite, la rédaction du Monde leur a présenté ses excuses, considérant que ce dessin portait atteinte à la dignité des personnes transgenres ou victimes d’inceste et qu’il était en contradiction avec la ligne du journal.

Mais alors pourquoi l’a-t-elle publié ? On peut légitimement se demander si la rédaction du Monde lit ce qu’elle publie.

Tout en cédant aux pressions, le Monde s’est défendu de censurer le dessin litigieux, avec le jésuitisme qui fait son charme. Certes, il ne l’a pas effacé du blog du dessinateur, mais il s’est bien gardé de le montrer à ses lecteurs lorsqu’il en a fait la critique.

Cette affaire décrédibilise bien sûr le journal. Elle rend ridicules ses dénonciations de la cancel culture et des pressions exercées par les réseaux sociaux sur les médias.

De toute évidence, le Monde « n’est pas Charlie ».

Pour aller plus loin …

Le Monde a consacré plusieurs articles à ce psychodrame. Voici le plus complet : « Nos explications sur le départ de Xavier Gorce du Monde » (Lire l’article)