UNEF : le sketch des réunions non mixtes

Dernière mise à jour : 13 mai 2021

Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, est sortie de l’anonymat le 17 mars 2021 pour justifier sur Europe 1 l’organisation par son syndicat de réunions non mixtes « pour permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu’elles subissent ».

Cette pratique n’est pas nouvelle : SUD-Education avait organisé des réunions de ce type en Seine-Saint-Denis en 2017 et les militants d’extrême gauche en font régulièrement dans les universités de sciences sociales en application des thèses intersectionnalistes.

Sans chercher à polémiquer, on peut s’étonner que des mouvements dits « progressistes » veuillent ainsi empêcher les victimes du racisme de témoigner devant leurs condisciples « blancs ».

A gauche, les tenants du clientélisme ethnique ont bien sûr pris la défense de l’UNEF : Eric Coquerel et Jean-Luc Mélenchon (LFI), Julien Bayou et David Cormand (EELV) … certains avec des arguments hilarants : Yannick Jadot (EELV) admet les réunions non-mixtes si elles ne sont pas décisionnaires (autrement dit, si elles ne servent à rien, comme les assemblées d’EELV). Audrey Pulvar (adjointe à la mairie de Paris) veut bien, elle, les ouvrir aux « blancs » à condition qu’ils se taisent (1).

La droite (gouvernementale et d’opposition) ne s’est pas contentée de regarder la gauche s’enliser dans la promotion du communautarisme. Elle a dénoncé les pratiques de l’UNEF avec une virulence qu’on ne lui connaissait pas en matière d’antiracisme, au point de réclamer la dissolution du syndicat étudiant.

Il n’y a pas lieu de dissoudre l’UNEF pour si peu. Depuis des décennies, ce que dit ou fait cette organisation n’intéresse plus personne sur les campus. Elle n’a aujourd’hui qu’une seule utilité : permettre aux futurs apparatchiks des syndicats et partis de gauche de se faire les dents sur les étudiants (2).

(1) déclaration faite sur BFM TV le 27 mars 2021 : « pas question de jeter dehors (l’homme blanc, la femme blanche), en revanche on peut lui demander de se taire, d’être spectatrice ou spectateur silencieux ».

(2) Le 22 mars, 250 anciens responsables de l’UNEF ont publié une tribune émouvante dans le Monde pour dire tout ce qu’ils devaient à cette institution de la gauche française.

Quel avenir pour l’UNEF ?

Dernière mise à jour : 19 mai 2019

Vu dans « Le Monde » du 19 mai 2019 :

Scission à l’UNEF : l’aile gauche quitte le syndicat étudiant. 86 représentants issus principalement de la TUAS, 2e force au sein du syndicat, proche des communistes, ont annoncé leur départ.

A ceux qui partent comme à ceux qui restent, je dédie ce texte :

Projet de motion en vue de l’Assemblée Générale de l’ U. N. E. F. (Union nationale des étudiants de France) des 14-15 janvier 1967.

– Considérant que l’affirmation de l’ U.N.E.F. en tant que syndicat réunissant l’avant-garde de la jeunesse (Charte de Grenoble 1946) coïncide avec une période où le syndicalisme ouvrier était depuis longtemps vaincu et devenu un appareil d’autorégulation du capitalisme moderne travaillant à l’intégration de la classe ouvrière au système marchand.

– Considérant que cette abusive prétention n’est en réalité que la tentative d’intégrer une partie de la jeunesse au système dominant, chose vérifiable par l’histoire même du mouvement syndical étudiant en France …

– Considérant donc que l’ U. N. E. F. n’a jamais su poser les vrais problèmes et par là même n’a jamais apporté que de fausses réponses.

– Considérant que la fonction première de l’ U. N. E. F. est l’exploitation de la misère étudiante par son entretien systématique.

– Considérant que l’ U. N. E. F. se réduit de plus en plus à un panier de crabes où une poignée d’agents des diverses bureaucraties politiques trament leurs lamentables mic-macs.

– Considérant que les diverses associations membres de l’ U. N. E. F. n’ont aucun besoin de se faire coiffer par quelques dizaines d’apprentis bureaucrates travaillant pour leur propre intérêt, et qu’elles on tout intérêt à s’organiser sur une base autonome.

– Considérant que le syndicalisme étudiant est une pure et simple imposture et qu’il est urgent d’y mettre fin.

– Décide de convoquer une assemblée générale extraordinaire en vue le la dissolution de l’Union nationale des étudiants de France.

Texte publié en 1967 par les étudiants pro-situationnistes de l’Association Fédérative Générale des Étudiants de Strasbourg (extraits).