Stolpersteine, les pierres de la mémoire

La coutume juive veut qu’on dépose un caillou sur les tombes devant lesquelles on se recueille. Le sculpteur allemand Gunter Demning s’est inspiré de cette tradition pour rendre hommage aux victimes du 3ème Reich.

Depuis 1993, il crée des petites plaques de laiton sur lesquelles il grave le nom, la date de naissance et le destin des victimes. Il encastre ces plaques sur le trottoir devant le dernier domicile où elles ont vécu avant leur arrestation. Il a baptisé ces plaques stolpersteine (pierres d’achoppement, pierres sur lesquelles on trébuche).

Le projet Stolpersteine est indépendant de toute organisme ; il est ouvert à qui veut rendre hommage à une personne assassinée par les nazis : descendant de la victime, école, comité de quartier …

Il permet de garder la trace des disparus parmi nous, dans notre environnement quotidien et nous donne la possibilité de penser à eux, à ce qu’a été leur vie, au gré de nos déambulations, pour peu qu’on fasse l’effort de se pencher pour lire leur nom.

Pour aller plus loin ….

>> Site du projet Stolpersteine : accéder au site

>> France Culture a consacré une émission en deux parties au projet Stolpersteine, le samedi 21 avril et le dimanche 21 avril 2019.

Robert Brasillach

Ecrivain raté (1909 – 1945)

Il faut brûler certains morts si l’on veut éviter qu’ils ne reviennent. C’est le cas de Brasillach, que l’extrême droite voudrait ressusciter.

Dans sa jeunesse, Brasillach a surtout produit des textes mièvres et maniérés, froids comme une rue de Perpignan un jour de Tramontane. Homosexuel refoulé, il ne pouvait qu’être fasciste.

Sous l’occupation, il a changé radicalement de style, comme chacun sait : il a écrit des abjections. Mais à la Libération, il est resté en France. Il faut au moins lui reconnaître ce courage.

Condamné à mort, il a été fusillé ; pas pour ses idées, mais pour ses actes (à moins de considérer que les nazis ont assassiné 6 millions de juifs virtuels). C’est quand même dommage que De Gaulle ait refusé sa grâce, car Brasillach a écrit de beaux poèmes en prison. Peut-être serait-il devenu un bon écrivain s’il avait survécu …

Je pense à vous, vous qui rêviez,
Je pense à vous qui souffriez,
Dont aujourd’hui j’ai pris la place.
Si demain la vie est permise,
Les noms qui sur ces murs se brisent
Nous seront-ils nos mots de passe ?

(« Les noms sur les murs », Fresnes, 29 octobre 1944)