Le Lenine de la Canebière

Jean-Luc Mélenchon, à peine élu député en 2017, n’a eu de cesse de retrouver le siège de Jaurès à l’Assemblée Nationale… pour s’assoir dessus. Le symbole est fort.

Jean-Luc Mélenchon ose tout, c’est à ça qu’on le reconnait : politicien professionnel, ancien apparatchik du PS, il prône le « dégagisme ». Admirateur des derniers avatars du stalinisme, il veut « ré-enchanter » le socialisme. Chef d’une secte politique verrouillée par une poignée de fidèles, il fait l’apologie de la démocratie directe.

Sa mégalomanie et son égotisme font rire.

Il serait cependant injuste de ne voir en lui qu’un histrion. C’est un acteur majeur de la scène politique française. Il participe à la neutralisation de la gauche en l’enfermant dans un bolchévisme d’estrade. Jean-Luc Mélenchon, c’est l’assurance réélection de Macron.

Mélenchon, de la posture à l’imposture…

Un exemple parmi d’autres : le 24 mai 2017, lors d’un meeting à Marseille, Jean-Luc Mélenchon a accusé publiquement Bernard Cazeneuve d’avoir fait assassiner Rémi Fraisse (*).

C’est un peu outrancier : Bernard Cazeneuve a « seulement » menti sur les circonstances du drame, protégé les responsables et étouffé l’affaire… L’attaque grossière de Mélenchon a permis à l’ancien ministre de se dédouaner à bon compte.

Quitte à ré-ouvrir le dossier (3 ans après les faits), autant être précis et incisif ; mais ce qui importe à Mélenchon, c’est de régler des comptes, pas de dénoncer un crime d’Etat.

(*) « … comment il s’appelle le dernier là, que son nom m’échappe, qui était Premier ministre là, comment vous l’appelez ? Oui Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse »