Ta gueule Castaner !

Castaner a fait mine de s’indigner du slogan imbécile de certains manifestants appelant les policier « à se suicider » (*). Castaner n’a pas en situation de s’indigner de quoi que ce soit alors qu’il couvre des faits bien plus graves, comme la mutilation de dizaines de manifestants.

Castaner est indigne d’être ministre. Il doit assurer l’ordre et la sécurité. Au lieu de cela, il organise semaine après semaine l’attaque des manifestations de gilets jaunes. Ceux qui ont assisté aux ratonnades de la BAC en l’absence de tout casseur savent de quoi je parle. Castaner se comporte en chef de bande. D’ailleurs ce sont les syndicalistes d’Alliance qui font office aujourd’hui de porte parole du Ministère de l’Intérieur, c’est dire la maîtrise qu’il a de ses troupes !

Ce type est dangereux. Macron est allé le chercher dans les poubelles du Parti Socialiste : il n’aurait jamais du être ministre. C’est un larbin, avec une âme de larbin : il est prêt à toutes les bassesses, toutes les ignominies pour garder sa place. Qu’il dégage !

(*) Qui plus est, le problème des gilets jaunes c’est le gouvernement, pas la police.

Le Grand Debat, un jeu de com

Nous connaissons tous ces séminaires où on planche par petits groupes sur l’optimisation des relations dans l’entreprise avec en fin de journée, débriefing, synthèse et remerciements du PDG en visioconférence.

C’est en général le signe d’une prochaine restructuration. Quand nos managers nous font réfléchir sur le fonctionnement de l’entreprise, c’est qu’ils veulent changer notre façon de fonctionner. Le Grand Débat s’inscrit dans ce cadre.

Dans les faits, c’est un vaste fumisterie (qui a coûté 12 millions d’euros, tout de même).

Les deux dispositifs mis en place, les réunions locales et la consultation via internet, ont produit des propositions contradictoires. Cela n’a pas empêché Édouard Philippe de marier allègrement la carpe et le lapin lors de sa « grande » restitution du 8 avril, sans attendre d’ailleurs que l’intégralité des propositions soit dépouillée.

Le bidonnage est patent quand on se penche sur l’organisation et le déroulement de la consultation.

La multiplicité des réunions publiques ne doit pas faire illusion : la participation a été faible, particulièrement en zone urbaine.

Les réunions à l’initiative des élus ont respecté le cadre de la consultation, mais pas toujours celles organisées par des entreprises, associations, voire lobbies (on a ainsi eu droit à Toulouse à « un grand débat national équestre », un débat organisé par le Conseil National de l’Automobile, un débat « pour répondre à la lettre des évêques de France sur la crise » … tous référencés sur le site gouvernemental granddebat.fr).

Là où nous pouvons légitimement nous interroger, c’est sur l’exploitation des contributions : qui a réalisé les synthèses ? suivant quelle méthode ? qui les a vérifiées ? Sans parler de la synthèse des synthèses…

Concernant la consultation internet, les choses sont plus simples : les militants de LREM ont beaucoup contribué (voir à ce sujet l’analyse faite dans « Le Monde » du 8 avril), et les synthèses ont été réalisées par un robot sur la base de mots clés (!)

Évidemment, dans ces conditions, les préoccupations des français recoupent les priorités du gouvernement (moyennant une petite manipulation consistant à traduire l’exigence de justice fiscale par une demande de réduction des impôts).

En définitive, avec le Grand Débat, Macron s’est offert deux mois et demi de campagne électorale sans opposition et sans élection à la clé : elle n’est pas belle la vie ?

Macron, magrogne, macogne

Aujourd’hui, le gouvernement est prêt à prendre tous les risques pour briser le mouvement des gilets jaunes.

Castaner a taxé d’incompétence le préfet Delpuech après le saccage des Champs Elysées le 16 mars. L’accusation est risible, venant de l’homme qui danse pendant que le Fouquet’s brûle.

En réalité, la police était soumise jusqu’à présent à des injonctions contradictoires de la part du gouvernement, celui-ci oscillant entre la volonté de réprimer les manifestations et la peur de morts dans la rue.

Le gouvernement veut maintenant en finir ; il est prêt à franchir la ligne rouge. C’est le message délivré implicitement par Castaner à travers ses consignes « de fermeté ».

La politique du pire, c’est la solution qu’a trouvé le pouvoir pour ne pas faire de la politique.