Bad blocs

Du 1er mai, les médias n’ont retenu que les affrontements provoqués par les activistes des black blocs. Qui sont donc ces spectres habillés par Décathlon, semblant sortir d’Assassin’s Creed, et qui s’attaquent à la police ?

Disons le d’emblée : rien en France ne justifie qu’on tue pour des motifs politiques ; lancer un pavé ou un cocktail Molotov sur un CRS, c’est une tentative de meurtre. Dans un pays où l’on ne bourre pas les urnes, où l’on n’assassine pas les journalistes, où même parfois les juges condamnent des gens proches du pouvoir, chercher à tuer un policier est un acte fasciste. Les adeptes des black blocs sont des fascistes, peu importe l’idéologie dont ils se réclament.

Physiquement, rien ne les distingue de leurs adversaires, les « baqueux » (*) : même goût pour l’uniforme, même fascination pour la violence, même mépris pour la piétaille qu’ils utilisent comme bouclier humain.

Il y a certainement beaucoup de frustration des deux côtés. Je ne connais pas le profil psychologique des « baqueux », mais chez les « black bloqueurs », je sens comme un conflit avec le père mal géré …

Peu importe d’ailleurs leur motivation. Le gouvernement a tout intérêt à transformer la contestation des gilets jaunes en guerre contre la police, car cette guerre là, il est sûr de la gagner. Les black blocs l’aident efficacement dans son entreprise ; le buzz médiatique leur tient lieu de récompense.

(*) « baqueux » : policier de la BAC (Brigade Anti-Criminalité)

Castaner, le grand indigné

Castaner a fait mine de s’indigner du slogan imbécile de certains manifestants appelant les policier « à se suicider ».

Castaner n’est pas en mesure de s’indigner de quoi que ce soit, lui qui cautionne la mutilation de dizaines de manifestants.

En tant que ministre de l’Intérieur, il doit assurer l’ordre et la sécurité. Au lieu de quoi, semaine après semaine, il organise l’attaque des manifestations de gilets jaunes. Ceux qui ont assisté aux ratonnades de la BAC en l’absence de tout casseur savent de quoi je parle. Castaner se comporte en chef de bande. De plus, aujourd’hui, les syndicalistes d’Alliance se prennent pour les porte-paroles du Ministère de l’Intérieur : c’est dire la maîtrise qu’il a de ses troupes !

Ce type est dangereux. Macron est allé le chercher dans les poubelles du Parti Socialiste. Castaner n’aurait jamais dû être ministre et il est prêt à toutes les bassesses pour le rester.

Le Grand Debat, un jeu de com

Nous connaissons tous ces séminaires où on planche par petits groupes sur l’optimisation des relations dans l’entreprise avec en fin de journée, débriefing, synthèse et remerciements du PDG en visioconférence.

C’est en général le signe d’une prochaine restructuration. Quand nos managers nous font réfléchir sur le fonctionnement de l’entreprise, c’est qu’ils veulent changer notre façon de fonctionner. Le Grand Débat s’inscrit dans ce cadre.

Dans les faits, c’est un vaste fumisterie (qui a coûté 12 millions d’euros, tout de même).

Les deux dispositifs mis en place, les réunions locales et la consultation via internet, ont produit des propositions contradictoires. Cela n’a pas empêché Édouard Philippe de marier allègrement la carpe et le lapin lors de sa « grande » restitution du 8 avril, sans attendre d’ailleurs que l’intégralité des propositions soit dépouillée.

Le bidonnage est patent quand on se penche sur l’organisation et le déroulement de la consultation.

La multiplicité des réunions publiques ne doit pas faire illusion : la participation a été faible, particulièrement en zone urbaine.

Les réunions à l’initiative des élus ont respecté le cadre de la consultation, mais pas toujours celles organisées par des entreprises, associations, voire lobbies (on a ainsi eu droit à Toulouse à « un grand débat national équestre », un débat organisé par le Conseil National de l’Automobile, un débat « pour répondre à la lettre des évêques de France sur la crise » … tous référencés sur le site gouvernemental granddebat.fr).

Là où nous pouvons légitimement nous interroger, c’est sur l’exploitation des contributions : qui a réalisé les synthèses ? suivant quelle méthode ? qui les a vérifiées ? Sans parler de la synthèse des synthèses…

Concernant la consultation internet, les choses sont plus simples : les militants de LREM ont beaucoup contribué (voir à ce sujet l’analyse faite dans « Le Monde » du 8 avril), et les synthèses ont été réalisées par un robot sur la base de mots clés (!)

Évidemment, dans ces conditions, les préoccupations des français recoupent les priorités du gouvernement (moyennant une petite manipulation consistant à traduire l’exigence de justice fiscale par une demande de réduction des impôts).

En définitive, avec le Grand Débat, Macron s’est offert deux mois et demi de campagne électorale sans opposition et sans élection à la clé : elle n’est pas belle la vie ?