La révolution qui vient

(communiqué)

2 scooters et 4 voitures incendiés, une vitrine explosée, 11 conteneurs à déchets brûlés, 3 nervis de l’Etat méchamment amochés. C’est avec fierté que nous publions aujourd’hui ce communiqué de victoire.

Samedi, place de la République, nous avons résisté aux assauts féroces des mercenaires du pouvoir macronien. Hier, à Paris, nous l’avons prouvé : il est possible de stopper l’hydre du capitalisme mondialisé.

Par cette action audacieuse, nous avons montré à la jeunesse conscientisée la vraie voie, celle de la Révolution. Nous n’avons que faire de la loi dite de « sécurité globale », de la liberté de la presse sioniste et des pleurnicheries humanistes. L’urgence est de détruire l’état libéralo-fasciste qui nous confine. une fois nos oppresseurs éliminés, nous assurerons nous-mêmes la sécurité, sans loi ni police, à l’exemple de nos glorieux prédécesseurs de 1917 dont les camions sillonnaient les rues de Moscou la nuit venue pour traquer les ennemis du peuple jusque dans les chiottes.

Frères et sœurs uberisé.e.s, relevez la tête demain quand vous passerez boulevard Magenta devant des restes de poubelles calcinées : une lumière brille au bout du tunnel de vos vies. Non ! Ce n’est pas la lueur de la bougie mélanchonienne : ce sont les flammes des incendies que nous avons allumées.

Vive les black blocs ! Vive la Révolution qui vient !

Bad blocs

Du 1er mai, les médias n’ont retenu que les affrontements provoqués par les activistes des black blocs. Qui sont donc ces spectres habillés par Décathlon, semblant sortir d’Assassin’s Creed, et qui s’attaquent à la police ?

Disons le d’emblée : rien en France ne justifie qu’on tue pour des motifs politiques ; lancer un pavé ou un cocktail Molotov sur un CRS, c’est une tentative de meurtre. Dans un pays où l’on ne bourre pas les urnes, où l’on n’assassine pas les journalistes, où même parfois les juges condamnent des gens proches du pouvoir, chercher à tuer un policier est un acte fasciste. Les adeptes des black blocs sont des fascistes, peu importe l’idéologie dont ils se réclament.

Physiquement, rien ne les distingue de leurs adversaires, les « bacqueux » (*) : même goût pour l’uniforme, même fascination pour la violence, même mépris pour la piétaille qu’ils utilisent comme bouclier humain.

Il y a certainement beaucoup de frustration des deux côtés. Je ne connais pas le profil psychologique des « bacqueux », mais chez les « black bloqueurs », je sens comme un conflit avec le père mal géré …

Peu importe d’ailleurs leur motivation. Le gouvernement a tout intérêt à transformer la contestation des gilets jaunes en guerre contre la police, car cette guerre là, il est sûr de la gagner. Les black blocs l’aident efficacement dans son entreprise ; le buzz médiatique leur tient lieu de récompense.

(*) « bacqueux » : policier de la BAC (Brigade Anti-Criminalité)