Antisionisme mode d’emploi

« l’antisionisme, lorsqu’il est la négation de l’existence d’Israël comme État, est un antisémitisme » (Emmanuel Macron, Jérusalem, le 22 janvier 2020).

L’antisionisme est un concept assez flou qui se prête à toutes les manipulations.

C’est le contrepied du sionisme : Les premiers antisionistes furent, à la fin du XIXème siècle, les juifs opposés à la création d’un « foyer national juif » comme solution à l’antisémitisme. Très vite, dans les années 30, les habitants de la Palestine leur ont emboité le pas, quand ils se sont rendus compte que la création d’Israël allait se faire à leurs dépens. Aujourd’hui, l’antisionisme sert souvent de faux nez à ceux qui rêvent « de jeter les juifs à la mer », en Israël ou ailleurs.

Il est cependant dangereux d’assimiler antisionisme et antisémitisme. D’abord parce qu’il existe toujours des juifs – religieux – antisionistes. Ensuite, parce que l’abandon par Israël de son statut actuel pourrait permettre de résoudre le conflit israélo-palestinien (solution dite « d’un seul état »). Enfin et surtout parce que cette confusion permet à Netanyahou de disqualifier ceux qui dénoncent sa politique.

Si notre Président a fait cet amalgame, qui plus est en Israël, c’est surtout pour faire oublier son incapacité à museler l’antisémitisme en France. Accessoirement, c’est aussi parce qu’il se soucie assez peu du sort des palestiniens.

Stolpersteine, les pierres de la mémoire

La coutume juive veut qu’on dépose un caillou sur les tombes devant lesquelles on se recueille. Le sculpteur allemand Gunter Demning s’est inspiré de cette tradition pour rendre hommage aux victimes du 3ème Reich.

Depuis 1993, il crée des petites plaques de laiton sur lesquelles il grave le nom, la date de naissance et le destin des victimes. Il encastre ces plaques sur le trottoir devant le dernier domicile où elles ont vécu avant leur arrestation. Il a baptisé ces plaques stolpersteine (pierres d’achoppement, pierres sur lesquelles on trébuche).

Le projet Stolpersteine est indépendant de toute organisme ; il est ouvert à qui veut rendre hommage à une personne assassinée par les nazis : descendant de la victime, école, comité de quartier …

Il permet de garder la trace des disparus parmi nous, dans notre environnement quotidien et nous donne la possibilité de penser à eux, à ce qu’a été leur vie, au gré de nos déambulations, pour peu qu’on fasse l’effort de se pencher pour lire leur nom.

Pour aller plus loin ….

>> Site du projet Stolpersteine : accéder au site