Hubert Védrine

Si un jour on doit ériger une statue de la bonne conscience, il faudra qu’elle ait les traits d’Hubert Védrine.

En 1994, en tant que secrétaire général de l’Elysée, il était au carrefour de tous les pouvoirs. Il savait. Il savait et il a laissé faire. Il a laissé faire et il a fait (1).

Hubert Védrine est un des acteurs du génocide rwandais.

Il n’en continue pas moins à pérorer sur la politique internationale et à promener sa suffisance dans les rédactions pour faire la promotion de ses livres.

Aujourd’hui, où la vérité sur le génocide rwandais commence à se faire jour (2), on parle timidement d’excuses de l’état français. Ce n’est pas d’excuses dont a besoin le Rwanda, mais de la vérité : la seule qui vaille, celle établie par un tribunal. Il faut juger les complices français du génocide : les Védrine, Juppé, Léotard… et faire de la place dans la tombe de François Mitterrand pour y loger 800 000 tutsis assassinés.

(1) cf le livre de Guillaume ANSEL : Ruanda, la fin du silence – témoignage d’un officier français

(2) Publication du rapport Duclert le 26 mars 2021 sur le rôle de la France dans le génocide rwandais. Consulter le document.

Plaidoyer pour un humaniste

23 anciens ministres socialistes de François Mitterrand ont écrit au premier secrétaire du P. S. pour protester contre l’accusation de complicité dans le génocide rwandais portée par Raphaël Glucksmann contre l’ancien président lors de son meeting de Toulouse (*).

Cette lettre est assez ridicule, car l’implication de la France dans le génocide ne fait plus aucun doute aujourd’hui. En 1994, le gouvernement français était informé des projets des génocidaires ; il n’a rien fait pour arrêter les massacres alors qu’il disposait de troupes sur place ; après l’offensive du FPR (**), il a protégé les génocidaires et leur a livré des armes, tout cela sous couvert de l’opération « Turquoise », qualifiée pour l’occasion – avec un sacré aplomb – de « mission humanitaire » ( cf le livre de Guillaume ANSEL : Ruanda, la fin du silence – témoignage d’un officier français). Même si la France était dirigée à l’époque par un gouvernement de cohabitation, les affaires étrangères et la défense restaient sous le contrôle direct du Président. La responsabilité de François Mitterrand est donc totale.

S’ils voulaient vraiment défendre sa mémoire, les signataires de la lettre auraient dû plutôt expliquer pourquoi ce grand résistant a protégé René Bousquet, ancien Secrétaire général de la police de Vichy et organisateur de la rafle du Vel d’Hiv ; ou justifier l’action de François Mitterrand en tant que ministre de l’intérieur sous la 4e République, quand il envoyait les militants du FLN algériens à la guillotine ; ou encore légitimer l’existence d’une « cellule antiterroriste » à l’Elysée dans les années 80 pour surveiller les ennemis personnels du Président …

Moralité : dans les réunions de famille, il vaut mieux éviter de raviver les souvenirs douloureux.

(*) D’après « Le Canard Enchaîné » du 15/05/2019. Figurent parmi les signataires : Michel Charasse, Jean-Louis Bianco, Edith Cresson, Elisabeth Guigou, Jean Glavany, Paul Quilès, Roland Dumas, Hubert Védrine.

(**) Front Patriotique Rwandais : mouvement armé des tutsis en exil.