Homard m’a tuer

Suite à l’article de Médiapart mettant en cause ses diners fastueux, François de Rugy, ci-devant ministre de la Transition écologique, s’est engagé à rembourser « chaque euro contesté », comme s’il avait volé à l’étalage. Manifestement, il n’a pas compris ce qu’on lui reprochait.

Que le Président de l’Assemblée Nationale vide des bouteilles à 500 € avec ses amis au frais des contribuables, ce n’est pas illégal, mais c’est indécent.

Que le Président de la République dise à un chômeur qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du travail, ce n’est pas illégal, mais c’est méprisant.

Que le même prétende vouloir imposer un accord sur le climat au G20 pour répondre à l’exigence des jeunes, tout en les faisant gazer à Paris (*), ce n’est pas illégal, mais c’est se moquer du monde.

Que le ministre de l’Intérieur affirme qu’il n’y a pas de violence policière en France, ce n’est pas illégal, mais c’est mentir effrontément.

Malgré huit mois de manifestations de gilets jaunes, les petits marquis qui nous gouvernent n’ont toujours pas compris que leur cynisme et leur arrogance leur enlevaient toute légitimité.

(*) sur le pont de Sully, le 28 juin 2019

Non à la privatisation d’ADP !

Le gouvernement veut privatiser les Aérodromes De Paris (ADP) … Pourquoi faut-il l’en empêcher ?

Privatiser les aérodromes de Paris, c’est d’abord offrir une belle rente aux investisseurs privés (ADP a rapporté 173 millions à l’Etat en 2018) ; c’est aussi et surtout priver les pouvoirs publics d’un levier majeur dans le domaine économique, écologique et en matière d’aménagement du territoire.

ADP dispose par ailleurs d’un patrimoine foncier réservé à des opérations immobilières (hors installations aéroportuaires) équivalent à la superficie des XVIIIe et XIXe arrondissements parisiens ; on devine les appétits qu’il suscite chez les promoteurs immobiliers …

Comment empêcher cette privatisation ?

… En imposant l’organisation d’un RIP (Référendum d’Initiative Partagée) pour voter une loi affirmant le caractère de service public d’ADP.

Le gouvernement sera contraint d’organiser un RIP s’il recueille 4,7 millions de signatures de soutien au projet de loi avant le 12 mars 2020 minuit sur un site internet créé à cet effet (la procédure est placée sous le contrôle du Conseil Constitutionnel).

Pour signer, vous devez être inscrit sur les listes électorales et disposer d’une adresse mail.

Connectez vous au site Referendum.interieur.gouv.fr en ayant avec vous votre carte d’identité (ou votre passeport) et votre carte d’électeur (car il faut fournir certaines informations figurant sur ces documents).

Attention :

  • – il faut saisir tous ses prénoms, dans l’ordre de la carte d’électeur,
  • – n’utilisez pas la virgule mais un espace pour séparer les prénoms,
  • – ne vous laissez pas induire en erreur par le numéro qui apparait à côté du nom des communes : c’est le le N° INSEE et non le code postal,
  • – après validation du formulaire, éditez le récépissé (sous forme de .pdf) pour être sûr que votre signature a bien été enregistrée.

Signez et faites signer autour de vous !

Pour en savoir plus sur le RIP contre la privatisation d’ADP : lire l’article du « Monde » du 13 juin 2019.

Pour connaître l’avancement de la collecte des signatures : consulter le site adprip.com

Bilan des élections européennes

Le dernier épisode de la saison électorale a été particulièrement sanglant ; plusieurs partis ont laissé leur troupe et leurs illusions sur le champ de bataille.

Quelles perspectives s’offrent aujourd’hui aux trois grandes familles politiques ?

L’extrème droite. Elle a totalisé plus de 28% des voix. Le RN (Rassemblement National, ex FN) : 23,3% – « Debout » La France (Dupont Aignan) : 3,5% – l’Union « Populaire Républicaine » (le frexiteur Asselineau) : 1,2% – Les « Patriotes » (Philippot) : 0,7%.

Bien qu’arrivé en tête, le Rassemblement National est condamné à l’impuissance : il se heurtera toujours au « plafond de verre » des 30% lors du deuxième tour des élections tant qu’il n’aura pas noué une alliance avec une partie conséquente de la droite.

La droite. Elle a totalisé 34% des voix. LREM (En Marche) : 22,4% – LR (Les Républicains) : 8,5% – l’UDI (centristes) : 2,5%.

Contrairement à ce que prétendent la plupart des éditorialistes, Emmanuel Macron s’est clairement positionné à droite. C’est lui le véritable vainqueur des élections, car même s’il a perdu le match contre le RN (de peu), il a marginalisé LR et a pris le contrôle de sa famille politique. Il dispose aujourd’hui d’un socle électoral stable qu’il cherche à élargir en « verdissant » son discours.

La gauche. Bien que fracturée, elle a fait globalement près de 32% des voix. EELV (les écologistes) : 13,5% – la France Insoumise : 6,3% – le PS (Glucksmann) : 6,2% – Generation.s (le « s » est de moins en moins justifié) : 3,3% – le PC : 2,5%.

Le succès d’EELV face aux différentes chapelles de gauche offre des perspectives intéressantes, car les écologistes sont les mieux placés pour porter un projet politique cohérent alliant écologie, social et mutation économique. Encore faut-il qu’ils le veuillent (l’histoire récente de EELV n’incite pas forcément à l’optimisme).

Une montée en puissance des écologistes pourrait par ailleurs inciter Nicolas Hulot à revenir en politique (*) ; aujourd’hui, face à Macron, c’est le seul à pouvoir incarner un projet de société alternatif à la « start-up nation ». Autant le dire, le chemin du changement est étroit …

(*) L’intéressé semble ne pas exclure cette hypothèse : n’a-t-il pas cosigné avec la CFDT en mars 2019 un quasi programme politique intitulé « 66 propositions pour un pacte social et écologique » ?