Articles

Razzia

Drame.
2017 – France / Belgique / Maroc – 1h59.
Film réalisé par Nabil Ayouch.
Avec : Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Amine Ennaji, Abdelilah Rachid, Dounia Binebine.

Synopsis

« Razzia » dresse un tableau sans concession du Maroc à travers le portrait de cinq personnages qui vivent de nos jours à Casablanca. Chacun essaie de défendre son espace de liberté dans une société qui l’étouffe. Certains renoncent, jusqu’à se détruire ; une se bat et ne lâche rien.

Bande annonce du film « Razzia »

Commentaire

Le réalisateur Nabyl Ayouch a construit son film sur des aller-retour entre 1982, date du début de l’arabisation de l’enseignement, et les émeutes des années 2015, qui en sont en quelque sorte l’aboutissement.

Les personnages sont emblématiques des maux du Maroc (le confinement des femmes, l’antisémitisme, l’homophobie, le fossé entre classes sociales), avec chacun son humanité, ses doutes, sa force et sa faiblesse.

« Razzia » est un film très construit, avec un subtil entrelacement des vies (l’actrice principale, Maryam Touzani, est aussi scénariste ; elle a participé à la conception du film avec son compagnon Nabyl Ayouch).

Plus qu’un film, « Razzia » est un poème filmé, un flot d’émotions. Le contraste est saisissant entre la nature, ouverte, magnifique (symbole des possibles) et la ville, souvent filmée la nuit, objet de rêves et lieu de toutes les frustrations.

« Razzia » est un film sombre, mais il s’achève sur un message d’espoir porté par la génération à venir.

Pour aller plus loin …

Articles de presse et interviews

« Razzia » : les maux du Maroc passés au crible (Le Monde – 14/03/2018) : consulter l’article

Rencontre avec Nabil Ayouch et Maryam Touzani pour la sortie de Razzia (cinergie.be – 23/04/2018 ) : Consulter l’article

Rencontre avec Maryam Touzani et Nabil Ayouch (Kinorama – 06/03/2018) : Consulter l’article

Rencontre avec Maryam Touzani (Le bleu du miroir) : consulter l’article

Bande son du film

Robert Brasillach

Ecrivain raté (1909 – 1945)

Il faut brûler certains morts si l’on veut éviter qu’ils ne reviennent. C’est le cas de Brasillach, que l’extrême droite voudrait ressusciter.

Dans sa jeunesse, Brasillach a surtout produit des textes mièvres et maniérés, froids comme une rue de Perpignan un jour de Tramontane. Homosexuel refoulé, il ne pouvait qu’être fasciste.

Sous l’occupation, il a changé radicalement de style, comme chacun sait : il a écrit des abjections. Mais à la Libération, il est resté en France. Il faut au moins lui reconnaître ce courage.

Condamné à mort, il a été fusillé ; pas pour ses idées, mais pour ses actes (à moins de considérer que les nazis ont assassiné 6 millions de juifs virtuels). C’est quand même dommage que De Gaulle ait refusé sa grâce, car Brasillach a écrit de beaux poèmes en prison. Peut-être serait-il devenu un bon écrivain s’il avait survécu …

Je pense à vous, vous qui rêviez,
Je pense à vous qui souffriez,
Dont aujourd’hui j’ai pris la place.
Si demain la vie est permise,
Les noms qui sur ces murs se brisent
Nous seront-ils nos mots de passe ?

(« Les noms sur les murs », Fresnes, 29 octobre 1944)