Game of thrones – le bilan

Article publié le 4 mai 2022 – Dernière mise à jour : 10 mai 2022


Au delà des péripéties de la campagne électorale, un constat s’impose : l’élection présidentielle de 2022 s’inscrit dans la continuité des élections européennes de 2019. Les trois grandes familles politiques font aujourd’hui à peu près jeu égal ; les seuls changements notables intervenus depuis 2019 concernent les rapports de force au sein de chaque bloc.

L’extrême droite a progressé, avec 32,28% des suffrages exprimés (Le Pen : 23,15% – Zemmour : 7,07% – Dupont Aignan : 2,06%). Elle a profité du dépeçage des Républicains réalisé conjointement par Macron et Zemmour (ce dernier a échoué dans son projet de rassembler derrière lui l’extrême droite et la droite « patriote » : il n’a fait que rallier la frange la plus réactionnaire de l’électorat fillonniste à Le Pen).

L’extrême droite reste cependant bloquée par son incapacité à nouer des alliances politiques : elle ne peut espérer l’emporter que dans le cadre de triangulaires.

Quoi qu’il en soit, elle joue aujourd’hui dans les 5 mètres – comme on dit à Toulouse. Le risque qu’elle parte à l’essai s’accroit d’élection en élection. Un espoir néanmoins : que ses leaders s’entretuent pour prendre sa direction.

La droite libérale, même si elle a gagné l’élection présidentielle, stagne à 32,62% des voix (Macron : 27,84% – Pécresse : 4,78%). La présidentielle a permis à Macron d’assoir son pouvoir sur la droite en marginalisant les Républicains, mais sa base électorale reste étroite. Il a été réélu sur l’élan de son premier mandat : il n’a ni programme, ni projet, à part celui de durer.

Compte tenu de l’impossibilité pour Macron de se représenter en 2027, la droite va très vite s’enliser dans des guerres de succession entre héritiers putatifs.

La gauche se maintient globalement, malgré ses divisions et les psychodrames de la campagne électorale. En raclant les fonds de tiroir, elle atteint 31,94% des voix (Mélenchon : 21,95% – Jadot : 4,63% – Roussel : 2,28% – Hidalgo : 1,75% – Poutou : 0,77% – Artaud : 0,56%).

Grand changement par rapport à 2019 : les insoumis ont pris l’ascendant sur les écologistes, incapables de proposer un projet politique mobilisateur (misère de l’écologie politique …).

Il n’y a pas lieu de s’en réjouir. Par ses outrances verbales et programmatiques, par son anti-européanisme, Mélenchon interdit à la gauche de constituer une alternative crédible, tout en incitant une partie de ses électeurs à rejoindre Macron.

Une extrême droite à l’affut, une droite sans ambition autre que carriériste, une gauche impuissante, dans un contexte international chaotique : le quinquennat qui vient s’annonce mortifère.

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